3 months ago

Pédales d’effets vintages ou racks d’effets programmables ? Votre expérience nous intéresse !!!

De la même façon que nous ne jouons pas tous avec le même type de matériel, il y a différentes façons de concevoir la guitare sur scène (et pas que sur scène d’ailleurs…). Certains privilégient le côté « vintage », veulent rester libres de leurs mouvements et enclencher des pédales d’effets du bout du pied, d’autres programment absolument tout pour rester libres de leurs mouvements d’une autre manière. Quelques-uns (les plus vicieux comme moi…) poussent même jusqu’à utiliser un séquenceur… Des méthodes qui ont chacune leurs avantages, leurs inconvénients et leurs limites.

imageArticle


Au tout début….. Il y avait une guitare et un ampli. C’était simple, sans prise de tête… On appuyait sur le bouton ON, on attendait quelques minutes que le grille pain monte en température, on branchait sa pelle et on envoyait le bois... Aujourd’hui, les choses sont un peu plus compliquées. Les avancées technologiques nous ont catapulté dans d’autres sphères. Difficile de concevoir l’ampli et la guitare seuls. Les effets se sont invités à la fête, ils ont envahi les catalogues de jouets, prennent des formes et des prix multiples et en font des tonnes pour coller à nos nouveaux besoins… Vous le savez, je suis personnellement un utilisateur inconditionnel de ces bébêtes depuis la première heure, depuis les meilleurs albums de Floyd, puis ceux de Rush, de Toto et autres monstres… Je ne sais pas jouer sans effets, ils font partie de ma culture guitaristique, au moins autant que l’ampli et la guitare. Bref, certains disent que je ne suis pas un vrai guitariste… Désolé, c’est comme ça, on ne se refait pas…

imageArticle


Pied(s) au plancher…
On commence par une disto ou un overdrive, puis rapidement, se pointent le delay et les effets de modulation, et comme le son n’est toujours pas au rendez vous, on ajoute un compresseur ou un booster, ou plusieurs, il faut alors penser au noise gate pour éviter le pire, puis arrivent une wha et un volume. Et il y a aussi le switch de changement de canal de l’ampli et la télécommande du sèche-linge… Le pedal board est un truc qui se construit petit à petit, au fil du temps, « à l’expérience » diront certains. Et on finit souvent par se retrouver avec une usine à gaz sous les pieds avec des fils partout et des buzzzs dans tous les coins… Oui mais c’est ça, ça sent bon, c’est la vraie guitare avec les snakes qui s’emmêlent et les alims à la c…!!!!!

imageArticle


Le gros avantage du pedal board, c’est qu’on peut choisir chacune des pièces du puzzle indépendamment les unes des autres. Quand on flashe sur une pédale overdrive, hop, on vire l’ancienne et on la remplace par la nouveauté du moment. Le reste ne change pas, le système n’est donc jamais figé. Je dirais même qu’il est en perpétuelle évolution et qu’il ne s’arrête jamais de « bouger ». Car l’offre pléthorique qui inonde le marché juteux des accessoires pour gratteux ne cesse de grandir. Certaines marques étant plus « pointues » dans un domaine particulier, cela permet de sélectionner et d’associer les meilleurs éléments suivant leur utilisation, exactement comme on le fait en hifi quand on est un vrai audiophile. Chaque pédale est bien là physiquement, ce qui permet de « retoucher » le son en live et en direct juste en tournant des boutons qui sont en général en nombre limité et donc assez faciles à appréhender.
Ensuite, il paraît qu’il n’y a qu’avec ça qu’on obtient le son de la mort, celui qui tue les neurones et permet d’avoir les sensations de jeu uniques que procure justement le « direct », avec la guitare dans l’ampli. L’idée étant bien sûr de limiter au maximum l’adjonction d’effets entre la guitare et l’ampli afin de conserver la moelle et l’âme originelle du « bousin »…

imageArticle


Après, il y a le côté sombre… Nous l’avons un peu évoqué, à moins de réussir à se contenter d’un overdrive et d’un delay… on tombe vite dans l’usine à gaz avec des fifils à la papatte en nombre et tous les problèmes qui en découlent. Le marché étant par ailleurs « saturé » (celui-là je ne l’ai pas fait exprès) de marques et de pédales d’effets dans tous les styles, il n’est pas simple de s’y retrouver et de se fixer sur un (des) choix précis. Comme toujours, il faut souvent « acheter pour essayer », ce qui peut finir par coûter, la moindre boite représentant tout de suite un « petit » 150$. Le côté perso « à la carte » des pédales d’effets a donc aussi ses revers : on peut avoir le top en la matière mais du coup le registre sonore est un peu exclusif : avec une pédale, une seule couleur/identité sonore ou quasiment et si on veut plusieurs sons de disto, il faut plusieurs pédales de disto… Et ouais, une MXR ne sonne pas comme une Boss ou une Radial Tonebone…
Pour mon cas personnel, ce qui est rédhibitoire avec les pédales d’effets, c’est l’impossibilité de programmer des sons… S’il y a bien quelques boites sur le marché qui le permettent, elles sont rares et ne correspondent pas forcément aux besoins. Il est vrai que la majorité des gratteux n’utilise que deux ou trois sons mais rien que sur un delay, il y a tellement de possibilités qu’il m’a toujours semblé assez inconcevable de les réduire à une simple pédale d’effets « non programmable ».
La tête dans les étoiles…
Puis il y a le « midi » et toutes ses fantaisies, changer radicalement de son en un clic grâce un seul switch ou avec un pédalier de commande, s’ouvrir aux sons réservés aux claviéristes (je parle bien sûr les synthés guitares qui, il est vrai ne sont pas spécifiquement des « effets »)… Mieux, automatiquement et en USB avec un ordinateur, un séquenceur et des programs changes. Ce n’est plus le même monde mais ça fait réfléchir ! Dans la plupart des cas il faudra oublier les pédales d’effets à moins d’utiliser un patch/routeur midi et on se tournera vers un multi effets en rack ou sous forme de pédalier façon Pod HD ou Boss GT1000…

imageArticle


Dans cette configuration, l’avantage immédiat réside dans la programmation et la multiplicité des sons que l’on pourra se concocter… Beaucoup moins de câbles et donc d’emmerdes, une compacité extrême permettant aussi un transport aisé d’une répète à l’autre ou du « local » au studio. De plus en plus souvent, les multi-effets jouent également le rôle d’interface audio et permettent d’enregistrer directement sans micro avec une facilité déconcertante, ce qui est quand même moins évident avec un ampli et des pédales...

imageArticle


Au chapitre des inconvénients, certains diront qu’on ouvre alors un autre type d’usine à gaz, plutôt d’ordre informatique celle là, ce qui n’est pas faux… et qu’on passera aussi beaucoup plus de temps à chercher des sons et des solutions, qu’à jouer, ce qui n’est pas……. tout à fait faux non plus ! Par ailleurs, beaucoup ne retrouveront pas dans ces systèmes numériques la chaleur des lampes… Là-dessus, et toujours au risque de déclencher des tempêtes, je serai également assez mitigé. Branchez vous dans un Axe FX ou dans un Kemper et on en reparle !
Enfin pour terminer, et je pense que c’est finalement là que je voulais en venir, il y a des moments où la technologie nous entraîne très loin et où la programmation devient quasi incontournable… Lorsqu’on utilise plusieurs usines à gaz les une avec les autres, je pense notamment à un synthé guitare en plus du reste… difficile de sauter sur deux pédaliers en même temps ou de souffler sur les boutons pour faire changer un son… C’est là que le midi devient incontournable, même chez les guitaristes et n’en déplaise aux bûcherons !

imageArticle


Et pour les « solitaires » fana des backing tracks, quand je vous aurai montré avec quelle simplicité on crée un « program change » au sein d’un séquenceur, vous n’aurez plus envie de vous déplacer sans votre Mac. Et même si les ordinateurs sur scène sont toujours regardés de travers, vous les adorerez, j’en fais le pari… Par ailleurs, il existe aujourd’hui sur ce plan d’autres solutions, plus simples. Des logiciels spécifiques fonctionnant sur iPad (ou même sur un téléphone) font le job (encore un prochain test dans les tuyaux…)
Tout cela est passionnant mais finit par devenir hyper chronophage et quelquefois même par prendre le dessus sur le travail de l’instrument lui-même… De plus en plus de guitaristes se disent eux-mêmes victimes de ce manège incessant du changement de matos, c’est la crise de G.A.S… que nous ne manquerons pas non plus d’aborder dans un très prochain article…
Et vous, vous en pensez quoi ? Faites nous part de votre expérience, le pedalboard ? Les racks programmables ? Les deux ensemble ?
@ très bientôt pour de nouvelles aventures !!!
Les articles qui pourraient vous intéresser :
Je m'éclate avec la Radial Tonebone disto !
Fractal Audio Axe FXII, le super mega test audio et video
Kemper Profiling Amplifier, le super test...

Comments

  • Mon cas personnel : j’utilise des effets séparés car ça me parait beaucoup plus simple et abordable. Les rares fois où j’ai voulu utiliser mieux, je n’ai pas réussi à obtenir le son que je voulais. J’ai eu un POD HD 500 et un Digitech dont j’ai oublié le nom, à chaque fois le son me semblait « petit », surtout à fort volume. Je ne suis pas forcément un grand adepte des effets mais j’aurais bien aimé y trouver mon compte pour des raisons de praticité car je joue dans plusieurs groupes et un pédalier aurait été plus pratique pour moi. J’ai entendu ce que tu sors avec le Kemper et j’avaoue que ça m’intéresserait d’essayer même si pour l’instant, je n’ai pas forcément le budget pour. Si quelqu’un à un Kemper du côté de Belfort et veut bien me faire tester ça, j’apporte les bières oui

  • Je te conseille en effet d’essayer un Kemper. Si tu cherches un son « roots », ça risque e te plaire. Par contre, ce genre de matos ne se branche pas sur un ampli guitare classique... Il ne faut pas occulter ce paramètre qui est d’une importance énorme. Dans mon article, j’abordais plutôt les effets en tant que tels. Avec le Kemper, on est sur autre chose >>> preamp avec multi effets intégré, ça ne collera pas avec ton ampli guitare, mais je suppose que tu as parcouru le super test et que tu as donc bien noté ce détail...

  • Ca fait longtemps que je me suis convertis au numérique, merci qui ? Merci Dom !!!! Et je ne le regrette pas surtout quand je joue avec d’autres guitariste et que je me rappelle la galère des pédales et des branchements quand c’était moi qui en avait :@

  • Je vote pour le numérique, ça fait super longtemps que j'ai revendu toutes mes pédales. Après, j'aimerais bien réessayer un Marshall avec quelques pédales, histoire de voir maintenant que j'ai l'expérience du Kemper.

  • Personnellement je n'ai jamais réussi à avoir le même grain de son avec un pédalier d'effets. Je précise que je suis plutôt "roots" à la base mais pas non plus fermé à l'utilisation du numérique. Je joue sur un Rivera Chubster, j'ai réduit les effets au plus simple et je trouve que c'est finalement ce qui sonne le mieux. En tout cas, c'est ce qui me correspond : BB preamp pour allumer un peu, Delay Boss DD2, et chorus Dimension D Boss. J'ai aussi une Wha Cry Baby que j'utilise en fait très rarement. Je ne serai pas contre un multieffet pour pouvoir utiliser à la marge des effets disons plus rares, mais à chaque fois que j'ai fait l'expérience, ça a dénaturer le son de l'ampli donc j'avais des effets en + mais un son pourri donc... Dommage. Je suis preneur de toutes les idées qui peuvent circuler dans ce domaine. Encore une fois, je ne suis pas fermé du tout au numérique.

  • Hello John Doe, deux choses : tu parles de quel multieffets ? Je ne vois pas trop pourquoi le fait de brancher un multieffets de type pédalier ou autre à la place de 3 pédales dénturerait le son de ton ampli. Si tu utilise l'insertion d'effets sur l'ampli, que tu branche un multieffet ou des pédales séparées, a priori ça ne change rien. Donc soit ton branchement ne va pas (si tu branche le multi en façade entre ta guitare et l'ampli par exemple), soit tu as un pb de niveau d'entrée ou de sortie ou un truc dans le genre sur ton multi.
    Deuxième truc : j'étais à fond comme toi avant d'écouter et maintenant d'utiliser le Kemper. Je n'ai même plus d'ampli, j'ai tout refourgué et le son est extraordinaire. Ca m'a demandé du temps pour m'y mettre et j'ai passé un certain nombre d'heures dessus mais à l'arrivée, c'est un autre monde. Je te conseille vraiment d'essayer :°

  • Pour moi, c’est un Boss GT100. Il était branché dans l’insert effet de l’ampli mais j’avais toujours cette impression désagréable qu’il colorait vraiment le son d’origine et surtout qu’il le dénaturait, moins de grain, moins de patate, bref, pas top. J’ai un pote qui a un Kemper en pédalier et je trouve pas le son génial non plus, mais ce n’est pas un pro donc peut être qu’il faut effectivement passer du temps pour obtenir du bon....

  • Je confirme il faut du temps pour maîtriser l’appareil et surtout ne pas s’arrêter à la première difficulté mais après c’est vraiment un truc exceptionnel.

Leave a Comment

Please login to your account or register to leave a comment on this article.
Once registered or logged in, you will be automatically redirected back to this article.