Le septième et dernier album de Luke est sorti il y a déjà quelques mois mais les minutes m’ont manqué pour vous en compter le contenu, grave pêché… C'est vrai qu'il me faut du temps et certaines conditions pour bien apprécier la musique. C’est donc ratatiné dans le strapontin d’un Boeing, à demi conscient mais les oreilles à point, durant les 11 heures de vol qui me séparaient de Los Angeles (couleur locale en perspective) que je me suis clairement pris la baffe que j’avais, je l’avoue, un peu prévue…

imageArticle



Les fainéants qui ne l’auraient pas encore écouté ou les philosophes qui hésiteraient à l’acheter se privent vraiment du grand frisson... La raison majeure pour laquelle il me semble inconcevable de ne pas posséder cet album, c’est tout simplement que « Transition » est pour moi le meilleur album solo de Steve (et vous le savez, je suis un expert en la matière…), rien à jeter, compos, son, guitare, voix, arrangements, tout est juste… monstrueux ! Il y a de tout dans ce disque : rock, hard, blues, soul, mais aussi prog et jazz fusion et ce n’est pas qu’un exercice affuté de guitare… Luke fait partie des musiciens que l’on reconnaît immédiatement à l’écoute dès les premières notes et des rares instrumentistes rock à « jouer aussi bien de la voix ». Même si la plupart des « non connaisseurs » l’ont toujours décrit comme tel, Steve n’est pas qu’un musicien de studio, il est un artiste complet, compositeur, arrangeur, et surtout un showman exceptionnel toujours pressé de retrouver la scène.

imageArticle



Voilà, je casse un peu l’ambiance, pas de suspense mais on pourrait presque se limiter à ces quelques mots d’introduction… A chaque fois je me pose la même question : avec tout ce qu’il a déjà fait, produit, joué, où ce gars là va-t-il encore chercher ses plans ? Et là, mémée qui faisait semblant d’avoir mal au cœur mais qui en fait écoutait aussi l’album à donf sur son iPhone répond : « Ba c’est pas compliqué, il est pâ comme nous ! »… ça doit être un truc de ce genre là… Luke est un OVNI, aussi bien de la guitare que de tout le reste et il le prouve encore une fois et plus que jamais avec « Transition ».
Il faut dire qu’avec les potes qu’il a et le line up de l’album, « il a pas de mal » ajoute mémée ?… Lee Sklar, Renee Jones, Tal Wikenfeld, Nathan East (basse),?Gregg Bissonette, Chad Smith, Eric Valentine (batterie),? Steve Weingart (claviers), Lenny Castro (percussions)?et j’en passe, comme l’énormissime Randy Goodrum qui a aussi participé à la fête…

Evidemment, les accents Totoesques sont partout dans l’album mais on ne va pas s’en plaindre, d’autant plus que le groupe ne produit plus rien depuis plusieurs années. Les fans de « Candyman » dont je suis retomberont sur leurs pieds et en redemanderont… Ce qui est génial, c’est qu’on retrouve des influences qui pourraient correspondre à différentes époques de Toto, tantôt vraiment rock plutôt « Kingdom of desire »… et tantôt plus période Joseph Williams avec un côté soft vraiment très Californien voire bien jazz quelquefois. Par rapport à « All’s well that ends well », l’atmosphère est beaucoup moins sombre, on sent même une certaine jovialité dans certains titres avec un vrai plaisir de jouer sans forcément trop se poser de questions.

Je ne vais pas passer tous les titres en revue mais quand même « Judgement Day » (au titre évocateur), premier morceau de l’album ressemble à une belle mise au point, claire nette et précise avec tous les ingrédients du morceau parfait, une sorte « d’instrumental chanté » (ça fallait le trouver hein…), puissant mais en même temps hyper musical avec un solo monumental qui affiche le côté résolument organique de la Luke III et toujours le grand talent à la fois mélodique et technique de Steve que l’on retrouvera tout au long de l’album, le son de gratte est absolument fabuleux. « Creep Motel » est cuit dans le même moule avec une rythmique à la « Don’t chain my heart » mais un versant plus bluesy et quelques syllabes humoristiques, juste « grand » ! Ensuite calez vous bien au fond de votre pullman et balancez « Right the wrong », performance guitare au rendez vous, jazz ? rock ? ….. sais pas mais le frisson est bien là. « Last man standing » composé avec Randy Goodrum relève aussi d’un monde Californien parfait… Quant à « Transition », comment dire ? Waow !!!!!!!! Instru oui… mais soudain, monte un refrain chanté qui m’a rappelé certains grands moments de « The Wall » (ouais je sais ça n’a rien à voir mais…). Le « Smile » de Chaplin est aussi un instant de guitare magistral avec ce touché très personnel et une façon d’effleurer le vibrato qui n’appartient qu’à lui et reste… inimitable.

imageArticle



Bref, vous l’aurez compris, je reste définitivement fan ! Certains diront que je ne suis donc pas très objectif… Ecoutez et on en reparle ! Cet album est une vraie perle, l’un de ceux qu’on écoute 10000 fois sans s’en lasser et qui ne s’adresse pas qu’aux fans justement (mémée se le cale en boucle depuis des semaines…). La seule chose que l’on pourrait finalement reprocher à Steve, c’est de ne pas en avoir fait un peu plus long…. « Transition » peut sans complexes rivaliser avec les meilleures productions de Toto toutes périodes confondues.
Je serai à Caen le 11 juin pour Toto, je sais on est assez loin de L.A mais j’espère qu’on aura l’occasion de se voir Steve, si tu m’entends !