Quand on a testé à peu près tous les logiciels simulateurs d’amplis, qu’on a ouvert le capot des Pod HD, Roland VG et GR et roulé en Ferrari avec l’Axe FX II, on croit qu’on a fait le tour de la question « modélisation »… Et voici qu’un beau matin, on reçoit un petit colis venu d’Allemagne qui change une fois encore complètement la donne… Ouverture du carton : ça ne ressemble à rien de connu, mémée tombe à la renverse « ‘tain, un poste TSF, je croyais que Grundig avait déposé le bilan ! ». Sauf que le Kemper Profiling Amplifier est évidemment bien plus que ça… Je ne crois pas qu’on puisque capter la BBC avec (encore que, j’ai pas essayé…) mais ce que j’ai appris en quelques semaines d’utilisation très intensive, c’est qu’il ne faut jamais dire jamais… En même temps, j’aurais dû me douter que si Christoph (Kemper) m’avait envoyé son bébé sachant parfaitement ce que je pense de l’Axe FX, c’est qu’il savait aussi qu’il n’avait pas grand chose à craindre… Alors…… Kemper Profiling Amplifier, the best of all ? Je sais que vous êtes très nombreux à attendre ce test…. ne tergiversons pas et voyons ce que ça donne, vidéo à l'appui, comme d’hab !

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« Mais qu’est ce que c’est-y donc bien que c’est-y ? »

Le "principe" du profiling présenté par Christoph Kemper himself :



Nous avons déjà beaucoup parlé de modélisation, normal, on est sur Fret-Time... L’originalité du Kemper réside dans le fait qu’il n’est pas qu’une « unité de stockage figée » d’amplis/baffles modélisés allié à un multi effets. Le KPA est capable de créer un « profil » de votre propre ampli (ou de celui d’un pote…), de le cloner et de « l’avaler » pour le stocker dans sa mémoire interne… Une fois le profil créé, vous pourrez le bidouiller exactement de la même façon que vous le faites pour tout preset déjà existant dans la machine ou exactement de la même façon que lorsque vous programmez votre Pod…

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Profiling, Tone matching ?

Pour ceux qui connaissent la fonction Tone matching de l’Axe FX, la différence avec le profiling de Kemper est assez subtile mais bien réelle… Pour faire simple disons que le profilage du Kemper est en fait un snapshot de l’ampli cloné, c’est à dire qu’il en reprend tous les réglages à l’instant « T ». Avec le Kemper, si vous « profilez » un Marshall JCM avec le gain à fond, le résultat sera différent du même profilage avec le gain à 3, vous pouvez donc profiter que vous avez ce Marshall JCM sous la main pour en créer plusieurs « profils » ou versions. De même, suivant le type de micro utilisé pour « profiler » le son, vous obtiendrez un résultat qui diffèrera… Chaque « profil » sonnera « Marshall » mais il sera affecté des nuances sonores dont nous venons de parler et constituera en lui même un point de départ personnalisé que vous utiliserez pour « fabriquer » votre propre identité sonore, à base de Marshall… En fonction des réglages effectués sur le vrai ampli, cela pourra donner des résultats étonnants puisque dans certains cas, le « vrai » JCM ne pourrait pas dépasser certaines limites, que le Kemper lui, dépassera (si vous le souhaitez… ) grâce à ses propres capacités de traitement sonore… Ainsi, chaque fois que vous partirez dans une séance de « profiling », vous pourrez vous créer non pas un seul mais autant de profils que vous le souhaiterez, en changeant de micro, en changeant la position des micros, en modifiant les réglages de l’ampli clôné, etc… Ce ne sera donc plus un seul et unique modèle d’ampli d’une marque donnée dont vous disposerez mais autant de versions de l’ampli de cette marque que vous aurez créez… Ce n’est pas supposé fonctionner exactement comme ça dans l’Axe FX où l’on se situe plutôt dans le « morphing » d’amplis en rapprochant autant que possible le modèle cloné d’un modèle existant dans la machine à coup d’égaliseurs, c’est l’eq matching.

Profiling d'un ampli Fender :



Pour créer un « profilage », le KPA aura besoin d’analyser les caractéristiques sonores d’un ampli de référence. Ce processus lui permet de recréer fidèlement le son caractéristique de n’importe quel ampli de guitare et de cloner le comportement et le mode d’interaction des composants de l’amplificateur analysé. On se retrouvera alors avec une « copie » de l’ampli en question que l’on pourra ensuite « retoucher » à l’aide des paramètres présents dans le Kemper. De plus, le KPA ne se bornera pas à capter uniquement le son de la tête d’ampli : vous pourrez aussi inclure le son de l’enceinte et des micros. Cela signifie que le son complexe d’une installation spécifique pourra aussi être analysé, recréé et mémorisé. En principe, le profil généré par le KPA suffira pour remplacer toute votre installation partout où vous allez.

Comment on "profile" un ampli avec le Kemper :



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L’objectif pourra être la reproduction exacte d’un modèle d’ampli. Il pourra aussi être la création de sons inédits grâce à l’association d’éléments stockés à l’intérieur du Kemper, votre JCM avec un baffle différent de celui d’origine par exemple. Et non, vous n’êtes pas couché…

Dans un premier temps, plusieurs questions pourront se poser…

Avant de l’avoir essayé (et entendu…) on peut d’abord douter de l’efficacité et de la crédibilité de ce genre de process. « Cloner » des amplis, des baffles… on a beau vivre en 2013, pas évident de seulement s’imaginer comment tout cela est techniquement possible… Le look un peu « étrange » du machin ne le rend que plus « suspect », rien à voir avec une belle « façade » noire en métal brossé bien dans la norme (bien que depuis peu, existe le profiler rack au look un brin moins déstabilisant)… Mais attention, les apparences sont TRèS trompeuses… Ensuite, cette « complexité » que l’on entrevoit peut raisonnablement faire craindre que le diplôme d’ingénieur soit nécessaire pour piloter l’avion et que de guitariste, on passe à cosmonaute ou professeur Nimbus, ce qui n’est surtout pas l’objectif… Enfin, la conclusion portera sur l’essentielle question suivante : mais au fait… moi qui aime le blues et le rock de base, mon Mesa et ma Fender, à quoi tout cela pourra-t-il bien me servir ?

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Pas d’ango
isses…

Disons le sans attendre, le résultat est juste exceptionnel ! Je parlerai un peu plus bas et en détails du mode opératoire et du fonctionnement global du Kemper mais même sans en arriver là, il suffit de brancher sa gratte dans le IN du bousin et de faire ressortir le tout sur deux gamelles de sono (ou des monitors studio) avec deux ou trois réglages basiques (comme ceux qu’on a l’habitude de faire sur son ampli) pour avoir le frisson… Efficacité, crédibilité ?… Euh là je crois que le compte y est largement et même davantage. Commentaire d’un de mes élèves : « tu fermes les yeux, impossible de deviner qu’il n’y a aucun ampli guitare dans l’histoire »… et pas de baffle « guitare » non plus d’ailleurs (commandé le lendemain après « une nuit à pas dormir » qu’il a dit !). C’est simple, net, sans bavures, tu mets en marches, tu branches, tu joues… ça fait comme une hache plantée au beau milieu de ton front, tu prends une grand baffe dans ta gu……. Et tu pleures ! Sérieusement, sans même tenter l’expérience du profilage perso, les modèles d’amplis livrés avec le « poste » sont juste ENORMES. Dieu sait pourtant (ou ne sait pas on s’en tape…) que la barre est haute avec l’Axe FX comme étalon…. Et là, je serais tenté de faire un parallèle « hors sujet » avec le boss, c’est comme dit Steve avec les nouveaux micros Di Marzio Transition de la Luke III : « par rapport aux EMG, c’est beaucoup plus « organique » ! Et ouais, pareil avec le Kemper… J’ai plusieurs « vrais » amplis at home, Marshall JVM, Rivera M60, ENGL Powerball notamment… J’avoue qu’avec l’Axe FX, je ne les avais déjà pas trop « rallumés »… cette fois ça y est, ils sont définitivement au placard, à vendre d’ailleurs si ça intéresse quelqu’un ! « Kemper is a miracle » grâce, en particulier à ce côté « organique » que nul autre matériel du même type n’est capable de pousser aussi loin ! Et j’aimerais bien qu’on vienne me démontrer « en live » que j’ai tort… intégristes des lampes, c’est quand vous voulez !

Un petit Pink Floyd solo pour commencer :




« A quoi ça pourrait bien nous servir de cloner le son d’un ampli qu’on a sous la main ? »……

‘Sais pas moi ! Peut-être sera-t-il quelquefois intéressant d’avoir le son de votre stack Marshall dans votre sac à main plutôt que de sortir le J7 à chaque répète (ne me dites pas que vous n’avez pas de sac à main, tous les chevelus en ont un !)…. Peut-être que pour une séance de studio ou de « home » studio, il sera plus facile (et plus économique) de connecter en direct dans la table les sorties du Kemper plutôt que de se trimbaler le même Marshall et de devoir (re)passer du temps à chaque séance à (re)chercher le son qui tue… Peut-être que disposer d’un son « constant », c’est à dire qui ne varie pas en fonction de l’humeur des lampes à chaque fois qu’on allume le bousin est un +, surtout quand on enregistre pas tout le même jour…. ? Peut-être qu’un petit coup de reamping avec le son de son propre ampli parfaitement retouché « à tête reposée » au sein du mix parfait pourrait séduire ?

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En même temps, tout comme moi qui suis un gros fainéant, vous pigerez assez vite que l’intérêt majeur du Kemper ne résidera pas dans sa capacité à créer vous mêmes des copies de votre propre matos mais bien d’aller voir et de télécharger gratuitement sur le site de Kemper (ou ailleurs) les clones des autres……… Et ouais, là dessus aussi, Kemper fait très très fort, en mutualisant les créations de tous les utilisateurs et en mettant à leur disposition des modèles d’amplis qu’ils n’ont cette fois pas sous la main. Une idée complètement « évolutive » qui transforme votre Kemper en un mutil-ampli au sein du quel vous pourrez toujours ajouter des modèles (d’amplis mais aussi de baffles) en fonction de vos besoins et de votre style musical du moment. C’est un peu différent du simple partage de presets qu’à peu près tous les constructeurs de ce genre de matériel proposent car cette fois, ce sont carrément de nouveaux amplis que vous allez télécharger et pas simplement des « réglages »… Et si par hasard vous avez l’idée d’aller visiter le site www.theampfactory.com, vous découvrirez des choses à tomber : des clones d’amplis de qualité hyper pro, réalisés par des pros en studio pro avec du matos pro, dans différentes configs. Pratiquement toutes les marques d’amplis sont représentées, même des marques dont vous n’avez jamais entendu causer… et à l’intérieur de ces marques, vous pourrez piocher la perle rare, celle dont vous n’osiez même pas rêver ou le truc introuvable sur le marché ou simplement beaucoup trop cher pour votre petit porte feuilles… Alors certes, cette fois, les téléchargements de www.theampfactory.com sont payants mais tellement ridiculement peu chers qu’il n’y a même pas à réfléchir… Personnellement, une collec complète d’amplis à mettre dans ma poche pour quelques euros, ça me va !
En dehors de tout ça, les gratteux polyvalents, de studio ou de balloche trouveront dans le Kemper « de base » une véritable banque de sons d’amplis et baffles leur permettant déjà d’évoluer sans limites dans tous les styles de zik sans devoir disposer de tous les modèles « en vrai »… Une économie substantielle, tant en dollars qu’en emmerdes, plus de soucis de maintenance, plus de lumbago, plus d’hésitations « lequel j’emmène ? », etc… L’idée de se fabriquer un véritable « magasin » d’amplis de toutes marques « à emporter sous son bras » n’a plus rien de saugrenu au point qu’on se demande vraiment (et là je sais que certains vont bondir…) quelle serait l’utilité de les avoir « physiquement » chez soi… De plus, il semble possible « d’emmagasiner » jusqu’à un millier de modèles dans la boutique, ce qui laisse le temps de voir venir…

Les sons et les diplômes…

Au delà du côté « authentico/organique » des modèles d’amplis du Kemper dont nous avons déjà parlé, ce sont les sensations de jeu qui sont réellement étonnantes. Il y a une patate monstrueuse sur les sons crunch réputés impossibles à reproduire sur ce genre de matos « numérique » en même temps qu’une vraie « crasse » potentielle sur les distos (si on veut seulement bien sûr…). Là c’est sûr, les vieux de la vieille amateurs de « gras » seront comblés. Les sons High gains peuvent s’enrober d’une vraie connotation « lampe » très naturelle sans pour autant s’interdire des univers clairement « métalliques » plus « numériques » avec des sons saturés hyper tranchants plus « lisses » qui ne seront pas sans rappeler ceux de l’Axe FX. Entre le potard de gain des amplis eux mêmes et la dizaine de pédales distos/boosters à disposition, il y a de quoi faire et on peut aisément aborder tous les styles de disto, bluesy/Crunch, Hendrix, Johnson, Landau, Timmons, Luke à l’horizon ou des choses beaucoup plus « soutenues » ou « spéciales » genre Satriani, Vai ou Petrucci…

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Ce qu’il faut ajouter, c’est que les nouveaux firmwares (apparemment assez réguliers chez Kemper) ne manqueront pas de « compléter » une offre d’effets et de fonctionnalités déjà fournie et d’ajouter de nouvelles possibilités. N’oublions pas que le KPA n’est pas très vieux et que de futures évolutions pourraient encore nous surprendre…

Comment c’est foutu ?

Dans la pratique, l’organisation du « poste » est très simple et se rapproche de la « vraie vie ». De là à affirmer qu’on est complètement dans le « plug & play », il ne faut rien exagérer, le KPA reste un système complet qui nécessitera un « apprentissage » si vous êtes un adepte du set vintage amp/jack/guitare. Système complet mais pas complexe… en tous cas pas plus qu’un Pod ou qu’un Boss GT100 si on s’en tient à ce que contient sa mémoire interne sans profiler soi même des amplis…Pour les habitués de ce genre de machine, il faudra juste assimiler le fonctionnement propre et « l’esprit » Kemper… Sans se mettre définitivement au Perrier, tout chevelu à peu près mentalement clean (ça existe ?…) même niveau CE1 pourra s’accommoder du mégot et le mettre « à sa main »… Pour aller plus loin et réaliser des profilages sympas, il faudra quelques notions basiques de prise de son mais il suffira de suivre scrupuleusement les descriptions du manuel (assez bien fait) pour cloner son premier ampli. Pour ça, pas besoin non plus d’une usine à gaz annexe… un (bon) micro, deux câbles, 5 minutes devant soi, et c’est parti… Cloner un ampli est d’ailleurs une expérience ultime qu’il faut vraiment tenter, peut être celle qui permet le mieux de réaliser à quel point le Kemper est parti loin devant ! Quand on sait que le jeune homme vient à peine de casser sa coquille, c’est juste « monstrueux ». J’imagine qu’il y a plus d’un concurrent ayant pignon sur rue qui éternue voire même s’étouffe…

Dans la pratique, le seul point un peu critiquable concerne la sélection des amplis et baffles qui est un peu strange…. pas des plus intuitives, elle est même très déroutante au départ. Il en va un peu de même pour la gestion des presets… On navigue dans de multiples menus, on « pique » des baffles dans des presets enregistrés, il faut les réintégrer dans le son qu’on est en train de travailler… Il m’est souvent arrivé de me perdre et devoir m’y reprendre en plusieurs fois pour retrouver un élément ou un son que j’avais passé du temps à programmer. Relativisons, une fois l’organisation des différents blocs bien intégrée, on avance plus vite et on ne se fait plus avoir mais il y a une logique assez inhabituelle à capter au départ... Sur ce point, il est clair qu’un bon petit éditeur informatique faciliterait grandement les choses et serait d’un confort appréciable mais il paraît que c’est dans les tuyaux alors croisons les doigts…

Bon…. L’essentiel, c’est que la complexité de la technologie utilisée ne se retrouve jamais côté utilisateur, c’est complètement le cas, d’ailleurs…..

Ergonomie…

En haut à gauche, on trouve un premier « bloc » d’effets à placer avant l’ampli, on y positionnera prioritairement les « pédales », disto, overdrive, booster, un compresseur ou n’importe quel autre effet de son choix, 4 emplacements sont prévus…

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Au centre, on aura la section ampli appelée « stack » qui comprend également la section égalisation et le baffle…

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Et enfin, du côté droit, on trouvera le bloc effets post-amp, modulation, delay, reverb et la possibilité d’insérer un autre effet de son choix…

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L’édition d’un élément s’effectue en appuyant sur le bouton correspondant qui lui correspond, s’affiche alors une série de paramètres sur une ou deux pages (suivant l’élément en question) que l’on fait défiler avec les flèches adéquates. On utilise ensuite les gros boutons rotatifs pour changer la valeur des paramètres et le tour est joué. Une fois le son bien comme il faut, il ne reste plus qu’à le sauvegarder et à le rappeler via un pédalier midi ou des program changes…

Les effets…

La partie effets du Kemper est excellente. On trouvera tout ce dont on a besoin pour faire face à à peu près toutes les situations sans devoir rajouter quelque pédale que ce soit. Une quinzaine de distos différentes (et 3 boosters), un compresseur, des chorus, un flanger, un phaser, un vibrato, un « pseudo » harmo, plusieurs égaliseurs, deux noise gates, différents algorithmes de reverbs et delays……



Vraiment pensé pour le guitariste…

Par rapport à l’Axe FX, les choses sont beaucoup plus sommaires, les possibilités d’édition beaucoup moins nombreuses, une volonté affichée de faire simple… C’est super efficace pour la programmation de sons purement « guitare » car on ne s’égare pas dans une offre pléthorique de possibilités pas toujours utile. On va à l’essentiel sans être tenté de « bouger » tel ou tel potard pour vérifier si ça change quelque chose et si c’est mieux… Là où l’Axe FX vous proposera en moyenne une centaine de paramètres modifiables par preset (voire beaucoup plus suivant le type et le nombre d’effets utilisés), le Kemper vous en autorisera une vingtaine (voire beaucoup moins…). On se retrouve donc dans une config souvent très proche de l’ampli basique avec ses cinq potards et une ou deux pédales d’effet, ce qui plaira beaucoup aux utilisateurs désireux de ne pas sacrifier la musique sur l’autel du tweaking… Qui peut d’ailleurs se venter de savoir à quoi servent tous les paramètres de l’Axe et de les exploiter tous ? Spawn tu m’entends ?

Sur le Kemper, le choix des paramètres modifiables est d’ailleurs particulièrement abouti et réfléchi et s’ils sont peu nombreux, leur action est réelle et affecte très concrètement le résultat final lorsqu’on effleure les boutons. Rester guitariste et ne pas « se faire bouffer » par la technologie est juste essentiel. Sur ce point également, le Kemper me semble très clairement orienté « musique » et ça j’aime beaucoup aussi ! On retrouvera là aussi ce que j’appelle « l’esprit Kemper », qui ne perd pas de vue le public auquel il s’adresse : à l’origine, nous étions musiciens…..

Il existe aussi en rack...

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Mention spéciale pour les différents noise gates qui ne bouffent absolument pas le son et agissent suivant différents algorythmes plus ou moins « bloquants » selon les besoins. Si vous êtes du genre « métal » et que vous utilisez une grosse disto ou plusieurs, vous choisirez le modèle de noise gate qui va bien pour éviter l’explosion et garder la maîtrise de votre son qui restera tel que vous l’imaginez. Si au contraire vous jouez du blues et avez juste besoin d’une légère atténuation lorsque vous enclenchez le booster, vous utiliserez le modèle de noise gate correspondant, « et pi voilà » ! Tout cela étant bien sûr programmable et intégré dans chaque preset…. Kemper a donc parfaitement ciblé les gros utilisateurs de distos de tous types, ben ouais, on est musiciens mais surtout guitaristes et surtout des gros bourrins !

Du très classique donc sur le plan manips; on retrouve assez régulièrement les mêmes fonctions que celles qui sont présentes sur des pédales d’effets. Rien n’empêche d’ailleurs d’utiliser des effets externes si on veut plus de choix ou simplement retrouver des sons auxquels on est habitué avec ses propres pédales car le Kemper dispose d’une insertion d’effet en face arrière.

Parmi ces paramètres, j’en citerais deux assez originaux que l’on trouve sur la section « ampli » : le « pick » qui sert à régler le niveau d’attaque du médiator sans modifier le gain au passage et cela quelque soit le degré de distorsion utilisé et l’« amp compressor » qui agit aussi sur l’attaque et permet de « lisser » l’affaire et d’obtenir les meilleures sensations, en disto notamment. Deux trucs « sensibles » que tous apprécieront !
Le travail sur les baffles est dans la même lignée, peu de paramètres modifiables mais de réelles changements bien audibles dès qu’on caresse les boutons… Ici, pas de possibilités de choisir ou bouger des micros, de paramétrer l’acoustique d’une pièce ou de changer la taille des HP, même si on peut facilement retrouver une correspondance entre ces caractéristiques et le nom des fonctions propres à Kemper. C’est complètement suffisant et si on ne trouve pas son bonheur dans la mémoire interne, on peut toujours aller lorgner du côté des éléments à télécharger….

Côté connectique, le Kemper fait aussi dans le très classique, deux sorties « Main » en jacks ou XLR, une effect loop, une sortie monitor permettant de balancer un son sans simul HP (indispensable si vous utilisez conjointement du FRFR + un power amp et cabs guitare). Il y a juste l’essentiel voire un peu plus avec une une SPdif in/out bien pratique pour l’enregistrement car….

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Le Kemper bien qu’équipé d’une prise USB ne peut pour l’heure pas s’utiliser comme interface audio en direct sur le MacBook… comme pour l’éditeur info, « un jour peut-être » lors d’un futur firmware update… Il faut donc le brancher sur une carte son pour enregistrer, dommage, ça fait ça de plus à trimbaler quand on part en vacances… et ça de plus à ajouter à l’addition finale si on n’est pas déjà équipé…

De même, il est nécessaire d’utiliser une clé USB pour archiver ses sons, en uploader de nouveaux ou faire les mises à jour, une interactivité assez limitée et surtout d’un autre âge, ce que l’on a un peu de mal à comprendre compte tenu du niveau de technologie proposé sur le Kemper dans d’autres domaines… « Bon, on peut p’tête pâ tout avoir tout de chuite ! » dit mémée en s’asseyant sur le chat qui ronflait pompeusement sans broncher sur le canap’… (merde… respire plus on dirait !) mais on peut en effet imaginer que si les connexions sont physiquement présentes, elles ne resteront pas définitivement inutiles…



Par rapport à un Axe FX, signalons aussi que le Kemper reste dans des choses très simples et basiques en ce qui concerne les routages internes. Il n’est d’ailleurs pas prévu de fonction « dual tone » et d’aligner deux amplis différents pour obtenir des sons issus d’un mix des deux, c’est un ampli et un baffle et c’est tout ! On est vraiment dans le schéma classique effets pré/amp/cab/effets post et point barre, exactement comme dans la vraie vie. Encore une fois, on retrouve donc une logique omniprésente dans tous les secteurs du Kemper : faire simple en privilégiant le côté « musique » !

Alors Axe FX ou Kemper ?

Je ne sais pas si elle a bien sa place au sein d’un test du Kemper Profiling amplifier mais voilà une question bien légitime pour qui s’intéresse au GROS son, et comme je sais que vous ne manquerez pas de me la poser, autant y répondre maintenant !

Dans les deux cas, LE SON bien là et pour avoir passé des heures avec les deux côte à côte, je puis vous assurer qu’il sera très difficile de départager le Kemper et l’Axe sur ce seul point… Il y a les fans de l’un et les fans de l’autre et comme toujours une sorte de rivalité inutile qui s’installe. Si beaucoup prétendent que le Kemper est meilleur car encore plus « organique » et naturel que l’Axe FX, je serais personnellement beaucoup plus réservé… L’arrivée du Kemper m’a juste « obligé » à aller fouiller encore plus profondément dans les entrailles de l’Axe et là, c’est encore une fois la double baffe car le potentiel de ce dernier reste énorme et juste « hors normes ». Quand on sait que ces deux bousins n’ont pas fini d’évoluer, on se demande où sont les limites et même, s’il y a vraiment des limites... Ce sera là toute la difficulté au moment du choix, d’autant plus qu’il sera toujours « compliqué » d’essayer l’un et l’autre avant de dégainer le chéquier, d’abord parce qu’aucun magasin ne les a en stock et ensuite parce qu’il est inconcevable de se faire une idée de tels outils simplement en passant une heure dessus au milieu de nulle part…

Je dirai donc juste ceci : ce qui différencie ces deux matériels, ce n’est pas vraiment le son en lui même mais plutôt le chemin à parcourir pour y accéder et la philosophie qui va avec…

Si le nombre de fonctionnalités offertes par le Kemper est globalement délibérément inférieur à celui que propose l’Axe, moins de « sortes » d’effets, connectique plus basique, pas d’éditeur info, pas d’utilisation possible en tant que carte son, le concept en lui même est unique et ce qu’il faut apprécier, c’est le résultat final, c’est à dire LE(S) son(s)… Et on vous l’a dit, que vous « profiliez » vous mêmes vos sons ou que vous téléchargiez celui des autres, le son est bien là. Pour s’en apercevoir, il suffira de se concocter un preset bien blues, à la limite du son clair avec juste un « filet » d’overdrive et de monter le volume… C’est simple, la dernière fois que j’ai fait ça, j’ai joué jusqu’à quatre heures du mat sans m’en rendre compte ! Avoir le son, ça motive… à mort ! La grande force du KPA est qu’il va aussi loin en restant jusqu’au bout dans l’univers « guitare » avec une philosophie quasi plug & play…Si vous n’en voyez que par les lampes, êtes plutôt « vintage » et hésitez encore à franchir le pas du tout numérique parce que vous craignez de vous perdre dans les méandres de la technologie inter galactique, vous aimerez forcément le Kemper car vous retrouverez rapidement un certain nombre de vos réflexes et habitudes de guitariste « à pédales »…

Les « fous furieux », explorateur de sons pas seulement typiquement « guitare » qui ne craignent pas les heures passées à faire chauffer la bestiole préfèreront l’Axe FX, beaucoup moins « plug & play » mais presque illimité sur le plan sonore. Ainsi, si vous avez comme moi des besoins un peu spéciaux (ou spatiaux suivant les goûts…) sur le plan connectique et des attentes tout aussi « volumineuses » en terme d’effets en tous genres, l’Axe reste la machine ultime, il remplace absolument tout... Difficile de trouver sur le marché un rack de 2 unités autorisant à lui seul toutes ces péripéties : brancher sa guitare, son synthé guitare, simultanément ou non, avoir deux amplis différents et deux lignes d’effets différentes en parallèle, enregistrer, jouer live, au casque, avec de multiples systèmes d’amplification, contrôler à distance un nombre inouï de paramètres, « tone matcher », reproduire le son de votre ordinateur ou de vos backing tracks, servir de multi effets ultra puissant, faire la vaisselle, les courses et aller faire pisser Mirza… Il reste que je ne laisserai pas non plus repartir le Kemper, trop bonnard dans son genre ! Ces deux outils sont sans contestation possible les meilleurs qu’il m’ait été donné de jouer ces derniers mois, on atteint un niveau d’expressivité et de plaisir pour moi uniques…

Bref, avoir les deux c’est le super top, quand on est crevé et qu’on veut le son direct, on use le Kemper, quand on a la frite et qu’on a un week end devant soi, on titille l’Axe FX… Je regrette, je n’ai pas encore osé brancher les deux ensemble, faut pas abuser quand même, par contre j’abuse activement des modèles de guitare du Roland VG99 balancés en direct dans l’un ou l’autre, le nirvana n’est pas loin, à quand le tout dans la même boiboite ? Bon allez j’arrête mais je pense déjà à cette prochaine étape, qui ne manquera de nous tomber dans les bras un jour ou l’autre… il ne faudrait pas qu’une marque ait l’idée d’inventer le gratteux virtuel car au delà des amplis et du reste, ce serait à nous cette fois de rejoindre le placard…

Nous n'avons pas parlé du prix... environ 1600 € pour tout ça, c'est juste l'addition nécessaire à l'acquisition d'un bon ampli à lampes mais d'un seul et là vous en avez combien déjà en magasin, avec les effets en prime ? Bon cauchemars....

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