Avec l’Octa Capture, Roland a encore une fois placé la barre très haut… Résolution/Fréquence d’échantillonnage 24 bits/96 KHz (et même jusqu’à 192 KHz…. Sur 4 entrées/sorties), 8 preamplis micros, technologie VS Streaming « dernier cri » autorisant un travail quasi 0 latence, DSP interne, utilisation possible comme table de mix autonome en rack sans ordinateur, format réduit… Mémée ne peut pas encore s’en servir comme robot mixeur pour numériser la soupe aux patates mais ça pourrait venir… ‘’’ Vous en faut encore ? Passons donc à l’autopsie du bousin et franchissons ensemble le mur du son…
G66


Construction « pas pour rire » !

L’Octa-capture est présentée dans un boitier métal hyper robuste qui laisse penser qu’on pourra facilement la trimbaler sans craindre de la mettre en péril. Par ailleurs, elle est fournie avec deux équerres permettant de l’installer dans un rack 19’’ malgré ses dimensions non standards. C’est ce que j’ai fait et vous comprendrez rapidement pourquoi elle fait désormais partie intégrante de mon set « guitare » dans quelques lignes… Cette possibilité est très bienvenue, aussi bien pour les nomades comme moi que pour les home studistes organisés qui adorent tout « racker » proprement. Une initiative dont les autres constructeurs devraient s’inspirer sans limites…

Si on évoque le « nomadisme », précisons que du fait de la qualité des composants qu’elle embarque et de la relative consommation d’énergie qu’elle demande pour fonctionner, l’Octa-Capture n’est pas « bus powered » et il faudra donc obligatoirement la brancher sur le secteur pour la voire s’allumer.
Le tour du proprio…

En façade, en partant de la gauche, on a déjà quatre entrées (dont deux hi-Z), complétées par quatre autres à l’arrière. Cette répartition est intéressante car elle permet de réduire la taille de la « boite ». Pour une utilisation optimale, on aura tendance à préférer l’arrière train de la bête pour y planter des périphériques que l’on ne débranchera pas tous les jours tandis qu’on réservera les entrées « façade » pour des connections plus spontanées ou des branchements « à la volée ». A droite, on a tout le panneau de contrôle permettant de naviguer à l’intérieur de l’engin…

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Les quatre boutons de la section « preamp » permettent de sélectionner les 8 preamps de la carte ainsi que le compresseur (un par canal) et l’alim fantôme si besoin. On modifiera ensuite les différents paramètres en les sélectionnant les uns à la suite des autres à l’aide du rotacteur central, comme c’est le cas sur beaucoup de machines du même type.

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Dès qu’on connecte un instrument ou un micro à l’un des canaux d’entrée, il devient possible de régler son niveau grâce à des barres graphes s’affichant à l’écran de la carte mais le plus simple (et le plus efficace) reste l’utilisation de « l’auto sense ». L’auto sense fait partie des + de la carte et permet de régler automatiquement la « sensibilité » d’entrée en fonction de la ou des sources utilisées pour l’un ou tous les canaux simultanément. Une fonction qui « réagit » parfaitement suivant les sources en question et permet d’éviter les mauvaises surprises à l’arrivée en ayant, sans vraiment s’en soucier toujours un niveau optimisé par la carte pour travailler.

A droite de l’écran, suivent les boutons « Control » et « Mixer Select ». Le premier sert à « suivre » l’évolution du boulot effectué, les différentes entrées et sorties utilisées par exemple et le deuxième permet de choisir les différents mixeurs sur lesquels on bosse car l’Octa Capture n’est pas une carte comme les autres et ne se limite pas au seul enregistrement audio sur ordinateur… Elle cache un petit secret particulièrement intéressant : on peut l’utiliser en « stand alone » sans nécessairement la brancher sur un ordinateur… Elle devient alors une vraie table de mix au format demi rack pourvu de quatre mixeurs internes distincts et là, vous commencez à comprendre en quoi elle m’est personnellement très utile car elle devient un peu le centre de tri de mon système « guitare/guitare synthé ». Elle m’évite notamment de me balader avec un truc de plus, un truc souvent pas facile à transporter sous le bras même si on pourra toujours rétorquer qu’il existe des « mini-tables » classique pas forcément super encombrantes…
Pour « gérer » tout ça, la carte est livrée avec un logiciel de mix très « visuel » et clair dont on peut théoriquement se passer mais qui facilite quand même grandement les choses.

L’histoire des quatre mixeurs internes…

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Vraiment super bien foutue cette carte… Elle intègre donc quatre mixeurs séparés, A, B, C, D qui utilisent chacun un couple de sorties. Dans une utilisation classique « groupe de 4 zikos » par exemple, cela permet comme le montre le schéma ci dessous de proposer un mix personnalisé à chacun pour optimiser une séance d’enregistrement ou simplement pour se faire une répète « efficace » où chacun s’entend comme il faut. Cette utilisation particulière, pour une utilisation live par exemple, ne nécessite pas le branchement de la carte sur un ordinateur et transforme l’Octa Capture en table de mix format Pocket.

L’Octa Capture, outil de guerre du guitariste « multi fonctions »…

Lorsque Roland m’a envoyé cette carte son, je n’imaginais pas qu’elle me servirait à bien d’autres choses qu’à seulement enregistrer… Dans ma situation perso de gratteux midi, (et sans causer d’enregistrement pour l’instant…) j’utilise l’Octa d’une manière très originale. Elle me permet de balancer deux mixs différents sur mon Bose L1 (le N°1) et sur mes deux RCF (le N°2) alors qu’un pré mix est déjà réalisé dans l’Axe FX qui accueille les modélisations de guitares du GR55 et mes backing tracks en direct pour tout vomir en Spdif dans l’Octa Capture. Avec les routages disponibles dans l’Axe et la gare de triage de la Roland, je suis à peu près paré pour toutes les éventualités. Cela ne m’empêche pas d’utiliser en parallèle un système plus « guitare de base » avec le power amp GT800 et deux cabs guitare 2x12 Marshall. Bon, présenté comme ça, ça fait un peu usine mais c’est en fait assez simple (même mémée pige donc……), j’essaierai de vous faire un beau schéma quand j’aurai trois minutes trente….

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Lorsque j’enregistre, je peux aussi me faire un mix adapté (le N°3 sur 4) que j’envoie sur mes monitors studio, tout en continuant si je veux jouer fort, à travailler sur mon set de base qu’il m’est possible de « couper » à tout moment sans trop me poser de questions pour revenir sur les écoutes. A noter qu’il n’y a évidemment aucune déperdition sonore entre l’Axe et l’Octa puisque j’utilise une connexion numérique coaxiale.

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Par ailleurs, si je suis amené à jouer sur une grosse scène avec un sonorisateur, il me reste un mixeur (le N°4) et ses deux sorties que je peux lui balancer en pleine tr…….

Ouais, je suis comme vous, je ne m’attendais pas à trouver de telles ressources en une seule et même unité…
L’enregistrement maintenant…

Je ne vais pas vous faire de dessin cette fois. La qualité du son est tout à fait à la mesure du reste, c’est à dire, monstrueuse… ne me demandez pas quels convertisseurs il y a là dedans mais ce sont des bons c’est certain… La dynamique est vraiment au rendez vous et j’ai l’impression de n’avoir jamais entendu certains plans avec une telle définition sonore (au point que j’envisage de remixer certains trucs en prenant en compte les détails que je ne discernais pas…. avant !).

J’ajouterai qu’il y a également quelques fonctions « + » non obligatoires mais plutôt bienvenues comme une unité delay/reverb « de confort » qui permet d’enregistrer avec un son un peu travaillé (enfin pas « brut » quoi !), très appréciable pour votre chanteur dont la performance enregistrée ne sera par contre pas « affectée » par ces effets, « internes » à la carte… On trouve également un bouton On/Off permettant d’activer/couper le son lorsqu’on utilise un casque audio, pas sorcier mais bien pratique au quotidien. Ensuite, si vous êtes du genre « gourmands », il est possible de coupler deux octa-capture ensemble afin d’obtenir davantage d’entrées…


Je ne détaille pas l’utilisation de la carte en enregistrement, ça se passe comme avec n’importe quelle autre carte son dans Logic. Il y a juste à choisir les entrées que l’on souhaite enregistrer, toutes ensembles sur plusieurs pistes audio à concurrence du nombre de canaux dont nous avons déjà causé ou séparément comme on veut… Ce qu’il est bon de retenir, c’est qu’il est possible de réaliser une prise « groupe » à concurrence des 8 entrées disponibles sur la carte.
J’ai oublié de dire que les Mac Users (dont je fais partie) ne sont pas sacrifiés puisque des drivers existent pour Mac comme pour PC (même si j’ai un peu galéré pour que la carte soit reconnue sur mon Mac Book Pro). L’offre logicielle fournie est assez copieuse (ça non plus c’est pas « obligé »…) avec trois plug’ins synthé/drums pour un poids d’un giga ½ quand même… Le séquenceur Sonar n’a lui pas le droit par d’exister sur Mac (on ne peut pas tout avoir)…. dommage ? ‘’’Sais pas, moi de toute façon je suis « Logic » à donf !
Comme dans un test complet il faut bien aborder la question du prix, je l’aborde… L’Octa Capture se situe dans les 600 euros. Certains « jaloux » diront que « ça commence à faire cher »… Moi j’affirme qu’au regard de ce qu’elle offre et de la qualité que vous avez sous la main, table de mix 8 X 4 + interface audio top niveau de conception top moderne, compacte et sans surprise (puisque c’est Roland), ça mérite franchement réflexion ! Bref, sans contestation possible la meilleure carte son que j’ai pu avoir entre les mains pour l’instant, je vous la recommande sans hésiter et pas seulement pour enregistrer comme nous venons de le voir….