Le super test que je vous propose aujourd’hui n’est pas banal puisqu’il a pour objet la Zeal Mercury, une guitare haut de gamme qui m’avait fait forte impression au dernier MusikMesse, une guitare dont vous n’avez probablement jamais entendu parler et que vous n’aviez sans doute jamais vu avant et pour cause… Zeal est une toute nouvelle marque de six cordes teutonne et ce n’est pas pour rien si elle passe par Fret-Time aujourd’hui !
G66

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Le problème avec les marques Allemandes c’est que bien souvent, elles ne sont pas données… Y aurait-il donc une vraie différence entre une Mercedes et une Dacia ? Allez savoir… Ce qui est certain, c’est que question « gueule », la discussion ne s’impose même pas, quant à la qualité de construction et au plaisir que l’on prend à conduire l’une plutôt que l’autre, je vous laisse juge…

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La marque a été créée en 2010 par Bastian Kanbach et son acolythe Oliver Reich. L’idée était de proposer des instruments entièrement construits à la main plutôt typés…. Mercedes…. réunissant le meilleur des composants du marché avec une touche d’originalité en plus, notamment concernant le design, la présentation et les finitions des différents modèles, que l’on ne peut trouver nullepart ailleurs.

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Le modèle "Concrete II" :

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Concernant le modèle Mercury qui trône au sommet de la gamme Zeal actuelle, ce qui attire l’attention en tout premier lieu, c’est indubitablement la forme très épurée de sa caisse, une sorte de goutte d’eau toute en rondeurs qui se pare d’une magnifique robe aluminium lisse. La couleur est réalisée grâce à un procédé unique consistant en un « saupoudrage » de paillettes « métal » durant la phase de séchage du vernis ; une opération délicate entièrement faite à la main… Malgré le soin avec lequel j’ai « envisagé » les photos de la guitare, je ne suis pas sûr qu’elles rendent parfaitement justice au travail monstrueux de son concepteur, c"est pourquoi j'ai utilisé en partie celles que m'a envoyé Bastian. Esthétiquement j’irais même jusqu’à dire qu’on est davantage dans du Porsche que chez Mercedes et ce qu’il faut ajouter, c’est qu’au delà de la plastique, il est fort agréable de caresser la chose, rondoyante, douce et quasiment… orgasmoïde ! En dehors de « l’aspect », il est fort probable que cette couche de vernis particulièrement épaisse contribue à « épaissir » également le son de la guitare... J’arrête car mémée commence à baver et à plisser les yeux, ce qui n’est pas bon signe… « N’nest point jamais vu des comme cha dans l’ pays de Caux, d’où que c’est que t’y que t’as bien pu encore été cherché cha ? »

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Mais la forme n’est pas qu’originale à regarder et à caresser, elle l’est aussi à enlasser… A jouer debout, la guitare est très bien équilibrée, pas trop lourde et plutôt « aérodynamique ». Pour jouer assis, c’est assez sympa aussi, notamment grâce à son côté ovoïde et à la finition hyper satinée de la caisse qui ne « casse » pas le bras droit et dont le contact est super agréable. Par contre, il faut faire gaffe à bien caler l’instrument sur soi car son corps est tellement doux qu’il glisse assez facilement si on n’y prête pas attention.

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Le manche est un 24 cases en érable vernis très légèrement satiné avec touche ébène, un truc que l’on a (trop ?) tendance à oublier de nos jours où l’on a pratiquement plus à faire qu’à des touches palissandre ou mapple… Cela contribue à donner ce son très « plein », précis et « droit » dont j’ai déjà un peu parlé. Le profil du manche est assez classique, plutôt rond et un peu plus fin et moins large que celui de la plupart des Strat que j’ai essayées, rien à voir avec le profil en V de la Luke ou encore avec le manche hyper « thin » d’une RG. La guitare se prend très vite en main, sans réelle période d’adaptation, même pour un fou de Luke comme moi… On peut sans difficulté aller chatouiller les hypers aigues et monter très haut dans les tours, le talon du manche est quasi inexistant, particulièrement travaillé pour permettre ces excentricités techniques.

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Côté micros, on a deux humbuckers Haussels plutôt énervés super puissants... Une marque de micros que j’ai découverte avec cette guitare et je dois dire que j’ai été plutôt impressionné. Le micro bridge est donc un Haussels Tozz B, complété par son homologue en neck, le Vintage + N. Mention spéciale pour le Tozz B qui est vraiment excellent, puissant mais extrêmement précis et surtout ne négligeant pas les basses, ce qui est assez rare. Par rapport à un Tone Zone, micro que tout le monde connaît, le Tozz B est plus pêchu et exclut le côté « baveux », un micro vraiment très envoutant quand on joue presque exclusivement en son saturé comme c’est mon cas.

Van Halen "Unchained" Cover...



Le terrain de prédilection de la Mercury est donc bien celui auquel on s’attend, ce n’est pas une guitare de jazz ni une gratte de cowboy mais bien une guitare de rock, elle a le physique de l’emploi… Elle déchire tout dans le registre High Gain, dans ce domaine, c’est assurément une guitare de soliste sans compromis. En reprenant des sons que j’avais faits pour mes guitares les plus « chaudes », j’ai retrouvé beaucoup des sensations que je connais d’habitude avec mon Ibanez JS 2400, le Vintage + N est assez comparable au double format single de la JS qui est pour moi l’une des références du genre, c’est même assez étonnant de trouver de telles similitudes entre deux instruments finalement assez différents. La Zeal est juste un peu plus « musclée » et pousse le vice encore un peu plus loin sur les sons vraiment très saturés, plus « précise », plus incisive avec ce côté plein en basses que j’évoquais un peu plus haut…….
Disposant d’un sélecteur 5 positions qui permet de splitter les humbuckers, il y a aussi de très intéressantes choses à produire sur les intermédiaires dans un registre bluesy voire un peu plus (mais en restant cette fois dans les limites du raisonable…) ou même en allant chatouiller des rythmiques un peu funk (écoutez le riff du plan AC/DC que j’ai un peu « arrangé »…)…



Même originalité pour le choix du bloc vibrato… Et non, contrairement à ce que l’on aurait pu imaginer, ce n’est pas un Floyd qui a été installé sur la Mercury mais bien un Schaller, blocable… super blocable même puisque qu’en dehors du classique blocage sillet, la guitare est également équipée de mécaniques blocables. Cette option permet une utilisation « sur mesure » de la guitare, en fonction de la manière plus ou moins « violente » avec laquelle vous manipulez le vibrato. Je l’avoue, je ne connaissais pas vraiment ce bloc qui m’a très agréablement surpris par sa grande facilité d’utilisation et surtout par l’excellente tenue d’accord, absolument irréprochable. On peut tout jouer avec, des subtils vibrés à la Jeff beck au dive bombing de Van Halen. C’est une sorte de savant mélange de « vintage » et de « modern » qui autorise une grande polyvalence dans l’utilisation avec toujours, quoiqu’il en soit, l’assurance de ne pas se retrouver à la rue en plein concert avec un accordage capricieux.



Je ne terminerai pas ce banc d’essai sans vous causer un peu des harmoniques… Difficile de dire à quoi on les doit, rigidité de l’ensemble, qualité de fabrication, les micros, le vibrato, le tout cumulé sans doute ? Elles sortent de partout, je crois bien qu’on peut les faire siffler à n’importe quelle case, sur les cordes aigues comme sur les basses, c’est assez exceptionnel, je n’ai aucune guitare qui permet aussi intégralement cette fantaisie là !

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Il est toujours aussi captivant pour moi de découvrir des instruments comme la Mercury car il transpire de ce genre de guitares un vent de passion qui souffle dès que l’on ouvre l’étui… C’est du reste ce qui m’avait attiré sur leur stand au salon de Francfort. Rien n’est gagné, tout est à prouver, impossible de se reposer sur une réputation qui reste à faire, pas le droit à l’erreur sous peine de très vite disparaître… Bastian et Oliver se sont fixés des objectifs respectables dont le premier est de ne pas céder à la tentation de redessiner une simple Strat. Bien au contraire, et cela se vérifie sur les autres modèles de la gamme, c’est l’envie de faire bouger un peu les choses et de faire du « neuf » qui prévaut. Tout comme Vigier en France à qui les choses n’ont finalement pas trop mal réussies contrairement à ce que prédisaient nombre de ses pairs il y a 25 ans, l’idée n’est pas de se lancer dans la fabrication de masse, Zeal se situe sur le créneau du haut de gamme et pas vraiment autre chose. Une idée viable aujourd’hui ? On verra… Ce que je peux affirmer pour avoir eu la chance de disposer très « personnellement » de ce modèle c’est que cette guitare n’est pas que belle et « différente », elle n’a rien à envier à ses aînées sur le plan technique, et même sans doute un certain nombre de choses à leur dire ! Sur des bases comme celles là, toutes les conditions « guitaristiques » sont réunies pour que Zeal vive. Avec un prix de vente élevé de 3000 euros et des baguettes, la Mercury ne se destine certes pas à tous les guitaristes mais il ya fort à parier que celui qui en possèdera une la gardera longtemps et n’éprouvera aucun besoin d’aller voir ailleurs…. Une guitare qui marquera l’année 2012 en tous cas pour ce qui me concerne !

Au cas où vous seriez intéressé par une Zeal, Fret-Time (qui a le format entreprise depuis juin 2012) peut commander pour vous ! Tous les modèles de la gamme et leurs options sont dispos, tarifs et conditions de vente sur demande.