Pas évident de s’y retrouver dans ces monceaux de fils qui jonchent bravement le plancher de nos boites à musique… Combien de fois avez vous hurlé en cherchant d’où ces « buzzz » pouvaient bien venir. Mauvais branchement, jack désoudé ou prêt à rendre l’âme, lampes à jeter, fil 10000 fois piétiné…… Dans ce domaine aussi, il y a quelques règles et astuces à connaître pour s’éviter la crise !!!!!! Commençons donc par le commencement : liaison symétrique ou asymétrique, quelle différence ? Et boitier de direct, à quoi ça sert au juste ?
G66

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Vous avez souvent entendu parler de cela mais comme vous êtes avant tout musicien et pas du tout passionné de physique appliquée, vous avez passé votre chemin. C’est peut être dommage…

Qu’elles soient symétriques ou asymétriques, les liaisons « audio » véhiculent un signal électrique d’un point à un autre. Pour faire simple, on dira que les liaisons asymétriques sont plutôt utilisées dans l’électronique « grand public » alors que les liaisons symétriques sont présentes dans le domaine de l’audio « professionnel »… ça classe déjà un peu les choses…

Les différences peuvent être importantes pour nous guitaristes et home studistes… En « asymétrique » ou « unbalanced » (vous trouverez souvent ce dialecte au dos de vos amplis ou de vos racks d’effets), les risques de perturbations diverses du signal, parasites, champs électromagnétiques, etc, sont beaucoup plus élevés qu’en « symétrique » ou « balanced »… Ce constat est d’autant plus vrai que vos câbles sont de grande longueur… et s’explique par le fait que les câbles asymétriques sont plus « cheap » et pourvus d’un seul et même fil sur lequel transite le signal.

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Cela ne signifie nullement que les câblages « asymétriques » soient proscrits en home studio mais il est par contre essentiel de bien « cerner » l’environnement au sein duquel on travaille… Si votre home studio est « électriquement clean » et si vos câbles ne dépassent pas 3 mètres, rester en asymétrique peut marcher mais si ça ronfle dès que maman branche le fer à repasser, vous risquez d’être très vite obligé de réfléchir à d’autres solutions… Dans cet esprit, il est évident qu’un environnement « scène », avec des câbles de très grande longueur, où les perturbations électriques et électromagnétiques peuvent être nombreuses et aléatoires, risque de poser beaucoup de problèmes avec des liaisons « asymétriques ». En asymétrique, sur scène, les grandes longueurs de câbles vous feront aussi perdre pas mal de « son » et vous risquez de faire gravement la gueule lorsque vous entendrez un résultat pas du tout semblable à celui que vous obtenez at home…

En « symétrique », ces risques sont atténués car la liaison se fait grâce à un câblage plus complexe (deux fils au lieu d’un seul), plus cher aussi mais qui garantit un haut niveau de protection contre les perturbations diverses. Ce type de câblage vous permettra également de conserver sur scène le son que vous avez passé des heures à peaufiner dans votre chambre même si vous vous trouvez à 50 mètres de l’ampli. Il doit donc être privilégié en home studio, où le moindre CRRRRRR ou CHHHHH devient immédiatement « mortel »…et on stage bien sûr comme on vient de le voir.

Ce serait trop simple, il ne suffit pas de changer les fils… Pour bénéficier des avantages liés à l’utilisation de liaisons symétriques, et donc s’assurer une qualité de restitution optimale du signal, il est nécessaire que la source et le « récepteur » du signal soient tous deux « en symétrique »… A retenir aussi : utiliser un câble asymétrique sur deux appareils câblés en symétrique annule totalement l’intérêt des connexions symétriques présentes sur les deux appareils…

Au delà de tout cela, il est clair que la qualité même du câble jouera aussi un rôle important. Il en existe des plus ou moins chers mais pour avoir été échaudé plus d’une fois, je ne me hasarderai pas à vous conseiller une marque plutôt qu’une autre. Je vous dirai seulement que j’obtiens personnellement de très bons résultats avec du « Klotz » et surtout, des connecteurs Neutrik….

Le passage d’asymétrique en symétrique sera indispensable si vous branchez une guitare (dont la sortie audio est de type asymétrique) en direct sur une table de mixage (dont l’entrée audio est en symétrique) et cela particulièrement si vous utilisez un long câble… D’ailleurs dans ce cas précis, si vous branchez votre jack de guitare de base directement dans l’entrée de la table de mix, il y a de fortes chances que vous obteniez un son suffisamment bien pourri pour renoncer très vite.

Pour dominer le problème, la solution pourra être l’utilisation d’un « boitier de direct » ou DI qui s’intercalera entre votre guitare et la table de mixage. Le rôle de la boite de direct (entre autres choses mais c’est sans doute le plus important) est de permettre la connexion d’un instrument équipé d’une sortie asymétrique haute impédance sur une entrée dotée symétrique basse impédance… Cette connexion permet aussi de limiter les buzz dont nous avons déjà parlé lors de l’utilisation de très longs câbles. C’est pourquoi si vous devez en passer par là, il est absolument nécessaire de brancher la boite au plus près de l’instrument (généralement en jack 6,35) et d’utiliser la plus grande longueur de câble entre la boite et la table de mixage (connexion en XLR)….

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« ‘Chais pas si tout ça est très clair …» me chuchote mémée… Ce qui est clair par contre, c’est que nous négligeons très souvent cet aspect des choses, incriminant quelquefois un matos cher, voire monstrueusement cher lorsqu’il ne donne pas ce qu’on en attendait, alors qu’il suffirait quelquefois de changer un jack pour que le rêve s’accomplisse….. A bon entendeur…..