Line 6 ne fait décidément rien comme les autres… Là où la plupart des marques se contenteraient simplement de remettre au goût du jour quelques éléments d’une gamme en changeant quelques potards et en ajoutant deux ou trois fonctions nouvelles plus ou moins utiles, Line 6 continue d’innover. Fidèle à ses principes et ne se laissant pas influencer par les critiques de ceux qui fusillent en permanence la « modélisation », Line 6 reste dans sa ligne de conduite, persiste, et signe encore « du très bel ouvrage » (ça c’est le langage de ma grand mère du pays de Caux…) en s’entourant au passage des meilleurs techniciens du moment… Voyons cela en détails, en audio et en vidéo comme toujours !

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Tout comme celle de la Variax avec James Tyler, la conception du DT 50 est le fruit d’une collaboration étroite avec Reinhold Bogner, maître S amplis, que l’on ne présente plus et qui avait déjà œuvré pour le compte de la marque pour l’élaboration des Spider Valve.

Difficile d’aborder ce test sous l’angle du DT50 « seul », car cet ampli, s’il peut bien évidemment se suffire à lui même comme nous allons le voir, se révèle absolument monstrueux lorsqu’il se retrouve intégré à l’ensemble Line 6 à l’intérieur lequel il « explose » littéralement : James Tyler Variax + Pod HD + DT50… C’est pourquoi je vous propose deux épisodes pour le prix d’un seul : le DT50 en version « tout seul », et le DT50 en version « accompagné » (DT50 + Pod HD 500 + James Tyles Variax JTV 69) et……… comme je suis toujours un gros vicieux (vous avez l’habitude maintenant…), j’irais jusqu’au bout…… en plaçant dans cette chaine non pas seulement un DT50 mais deux…….. pour vous montrer ce que l’on peut attendre de la connexion Line 6 Link, qui en est l’un des éléments déterminants. Oui je sais, là, j’abuse !!!!!!!!

Bon, au boulot ! Episode 1 donc…

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Les vidéo Youtube que je vous propose ont été volontairement réalisées avec une guitare « classique » (vous savez, une de celles qu’on utilise pour jouer du flamenco oui …), point de Variax à l’horizon. En l’occurrence, c’est ma Luke, dont je connais toutes les coutures, qui a gentiment accepté le challenge (vraiment trop sympa cette gratte !)… Il n’y a aucun effet (ce qui n’est pas vraiment dans mes habitudes), seulement la guitare, un jack, et l’ampli…

Tout d’abord, ce qui risque de surprendre les habitués de la marque, pas la peine de chercher la trentaine de types de modélisations d’amplis, les delay, chorus, compresseurs et autres effets intégrés, il n’y en a pas… Excepté une simple reverb (numérique). Le DT50 ressemble à un ampli « analogique » très classique à deux canaux, 50 watts (qui décapent), avec une possibilité de passer mode « low power » simplement en tirant sur le master volume, ce qui permet de conserver tout le potentiel d’un ampli à lampes utilisé plein pot pour jouer dans sa chambre ou en appart’ sans déclencher une émeute du voisinage. Les deux canaux sont strictement identiques et proposent chacun un Drive, trois potards d’égalisation, un bouton « Presence », le dosage de la reverb et le volume du canal. Si vous travaillez sur le canal A, tous les réglages que vous faites sont conservés lorsque vous commutez sur le B (et réciproquement), cela comprend tous les paramètres dont nous venons de parler mais également les réglages de « voicing », le choix de « la classe » (CE1 ou CE2…… ?….. Class A ou Class A/B) et le mode d’utilisation des lampes (pentode ou triode). Le DT50 embarque deux lampes 12AX7 pour la partie preamp et deux EL34 pour la puissance. Voilà, jusqu’ici, pas de grand mystère…

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Là où le DT50 innove et raccroche au passage la philosophie Line 6, c’est en combinant l’analogique (les lampes) et la technologie numérique HD dans le processeur implanté dans ses entrailles et qui est en fait le cœur du système : via un switch 4 positions, il propose un choix de 4 grands types d’amplis très différents (ce que Line 6 appelle des « voicings »), que l’on peut utiliser selon ses goûts et ses besoins. Cela permet d’aborder à peu près tous les styles de musique, de la country au métal en passant par le jazz et le rock « pur » et en fait un outil hyper polyvalent. Pour faire simple, sur la position I, on a une base très typée Fender (American clean), c’est évidemment sur cette position qu’on obtiendra les meilleurs sons clairs. Le drive va se comporter un peu de la même façon que sur un Hot Rod, c’est à dire qu’il sera difficile d’obtenir des grosses saturations; par contre, on pourra monter le volume du canal sans craindre aucun effet « baveux » et en conservant un son hyper clean, exactement comme sur un Fender… Vous avez compris le principe ? La position II va être très orientée British crunch, Marshall, avec un drive qui commence à bien cruncher effectivement pour les sons que vous savez. Tout comme nous venons de le voir avec la position I, ici tous les potentiomètres vont être « recalibrés » pour se comporter de la même façon que sur un Marshall et le Drive notamment va officier de manière très différente…



Sur la position III (English Chime), on va aller faire un tour du côté de chez Vox avec des sons beaucoup plus « mediums » et un calibrage des réglages encore très différents des deux premières positions.



Quant à la position IV (modern High gain), ma préférée, c’est celle que vous utiliserez pour les grosses saturations de la mort et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles sont clairement au rendez vous, les metalleux ne seront pas déçus !



Associé à cet arsenal déjà conséquent, il sera également possible de choisir de passer l’ampli en Class A ou AB et de jouer sur des colorations sonores encore différentes, en poussant plus ou moins les lampes de puissance suivant le résultat souhaité. Ainsi, on pourra encore affiner les choses en jouant sur tous les intermédiaires de « hyper clean » à franchement « Crunch » jusqu’à « super lead » ... Un Switch permettra aussi de jouer en Pentode (pour les sons plus modernes) ou en Triode (pour les sons plus « vintages ») en sachant que comme toujours, rien n’est interdit a priori et que toutes les combinaisons sont possibles : position II en pentode Class A, position IV en pentode class AB, III en triode class A, etc…. Les seules limites seront celles que vous vous fixerez !

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En résumé, en fonction du son qu’on veut se fabriquer, on choisit un canal de l’ampli, on part d’une base typée Fender, Marshall, Vox ou plutôt Mesa High gain, puis on règle le son exactement comme sur n’importe quel ampli classique et c’est parti… Il n’y pas de programmation (« l’esprit » est donc très différent de celui d’un Vetta ou des autres amplis de la marque), à quelques nuances près, on est réellement dans le plug and play et la très grande simplicité d’utilisation, tout est intuitif et semblable à ce que l’on trouve sur n’importe quel ampli « basique », une volonté de Line 6. Au delà des différents choix d’amplis connus que je viens de citer, l’intérêt sera aussi de réaliser de savants « mélanges », qui permettront de s’inventer des amplis qui n’existent pas dans la vraie vie…

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Côté connectique, le DT 50 propose bien sûr une boucle d’effets avec volume réglable sur laquelle vous pourrez brancher n’importe quel multi effets ou rack comme on le fait sur un ampli conventionnel. Il y a aussi une sortie émulée qui permet de s’enregistrer en direct sans faire de prise micro et la fameuse connexion Line 6 Link dont nous allons parler dans le deuxième épisode… Enfin, le DT50 dispose d’une connectique midi IN/OUT qui permet aux utilisateurs d’effets midi type M13/M9 de piloter l’ampli à distance.

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Au delà des données techniques et des performances pures, le DT50 est esthétiquement très réussi, sobre et typé vintage, ce qui plait forcément beaucoup. La qualité de fabrication et d’assemblage est au rendez vous avec un câblage soigné, des potentiomètres qui ne font pas « toc » et un tolex brillant très sympa. Le DT50 est proposé en trois modèles distincts : le 112 (1 HP Celestion G12H90), le 212 (1 HP Celestion G12H90 + 1 HP Celestion Vintage 30) et la tête d’ampli… à brancher sur le baffle de votre choix.

Conclusion…

Utilisé seul, l’intérêt majeur de cet ampli est de pouvoir offrir quatre grands standards du rock en une seule et même entité et donc de pouvoir brasser un peu tous les sons de guitare de la terre sans posséder un magasin de musique… Comme souvent, certains lui reprocheront de ne pas avoir de personnalité propre et préfèreront conserver leurs habitudes et garder leur Marshall. Moi je dirais que de personnalités, il en a plusieurs et que ce n’est pas là la moindre de ses qualités. Le plus intéressant étant sans doute de jouer sur tous les intermédiaires et de ne pas chercher à retrouver coûte que coûte le son des autres mais de se faire le sien, ce que j’ai personnellement parfaitement réussi à faire. Sous réserve de ne pas être complètement « obtu » ou simplement allergique à l’esprit Line 6, le DT50 me semble réellement indiqué pour tous les puristes lampeux qui hésitent encore à franchir le pas des nouvelles technologies en matière de guitare… Et pour ceux qui ont déjà fait ce pas en avant, lisez ce qui va bientôt suivre… DT50 épisode 2 pour très bientôt, juste le temps de faire le boulot et de vous tenir un peu en haleine !!!!!!

Les tarifs :
DT50 112 : 1390 euros
DT50 212 : 1590 euros
DT50 tête : 1169 euros

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Les sons :

Voicing I rythm Clean :



Voicing I Solo Clean :



Voicing II Crunch 1 :



Voicing II Crunch 2 :



Voicing II Crunch 3 :



Voicing III Crunch 1 :



Voicing III Crunch 2 :



Voicing III Crunch 3 :



Voicing IV High Gain :