Comme dirait Emile Chombier, « le temps c’est de l’argent », et comme en ce moment, les nuages sont bien présents, autant faire des économies là où elles sont possibles…

La « répète » doit rester un moment convivial où l’on va retrouver les potes du groupe pour mettre au point les morceaux du répertoire. Qui dit « convivial » ne dit pas forcément « anarchique »… L’objectif reste quand même de peaufiner les choses et de les « finir » en vue de proposer à tous les fans, des concerts qui tiennent la route. Pour cela, il faut s’appliquer une certaine discipline et essayer de ne pas « déborder » du cadre que l’on s’est fixé.

La première condition pour que les choses se passent comme prévu et que l’ambiance soit bonne est que chacun s’astreigne à arriver à l’heure… Rien de pire que de devoir attendre le batteur qui se pointe toujours une heure après la bataille parce qu’il a dû « aller chercher sa petites sœur à l’école » (alors qu’on est samedi après midi) ou pire encore de poirauter tout l’après midi sans savoir ce qui se passe et de ne finalement voir personne arriver… Chacun doit pouvoir compter sur le sérieux des autres, c’est l’essence même du fonctionnement d’un groupe, de rock ou d’autre chose…….

Ensuite, l’idéal est de se fixer un objectif clair pour la répète en cours. Travailler dans tous les sens, sans plan d’action, risque vite de mener à… pas grand chose… Sans réunir un conseil des ministres, définir le programme du jour et s’y tenir est une excellente idée : quels morceaux on va bosser ou quels plans au sein d’un titre, est-ce qu’on répète tout le répertoire en vue d’un concert proche ? Est-ce qu’on essaie un nouveau plan ? Varier les plaisirs peut être une échappatoire à la routine mais il est préférable de « fixer » les choses avant d’attraper son instrument sous peine de sombrer rapidement dans le bordel et de ne finalement rien faire de propre… Il n’est pas forcément indispensable de jouer/répéter tout le set/répertoire à chaque fois; un bon compromis peut être de jouer quatre ou cinq morceaux parmi la vingtaine disponible pour la scène, et d’en jouer cinq différents à la répète suivante… etc… Cette méthode laisse pas mal de temps pour travailler de nouvelles chansons sans oublier les plus anciennes et sans trop s'en lasser.

La répétition du groupe n’est pas le lieu pour apprendre sa propre partie musicale… Normalement, cette partie doit avoir fait l’objet d’un travail individuel, à la maison ou n’importe où ailleurs. Rien de plus ch… que de devoir attendre que le guitariste ait maîtrisé son solo pour bosser un morceau à plusieurs. En bref, chacun est sensé avoir travaillé son plan perso individuellement, la répète n’est que le ciment de l’ensemble mais ce travail de « mise en place » est essentiel. Tout doit être synchro, propre et sans bavure. De la même façon que sur le plan technique, chacun doit avoir une bonne idée du son qu’il va utiliser dans les différentes chansons… La répète n’est pas non plus le lieu pour triturer racks et pédales à tout va, l’essentiel à ce niveau doit être déjà là… Les autres n’ont pas à attendre que vous fassiez vos essais dans votre coin, et imaginez si chaque musicien du groupe procède de la même manière…

La répétition est donc aussi le moment où l’on va se pencher sur « le son ». Encore une fois, pas le son de chacun individuellement, mais le son du groupe… Son identité est là ! « Comment ça sonne », que doit-on faire ressortir à tel où tel instant ? etc… Une « balance » rapide avant de commencer est indispensable, l’idée est que chacun s’entende et entende bien les autres, la course au volume est un jeu dangereux et devient vite épouvantable. L’idéal d’ailleurs, quand cela est possible, est de confier cette « mission » à un régisseur, personnage « extérieur » au groupe, dont la mission est de « gérer les affaires » techniques. Ce rôle souvent négligé est pourtant d’une grande importance car le régisseur assurera aussi le relais nécessaire entre le groupe et le sonorisateur lorsque l’heure du concert aura sonné. Il pourra donner toutes les indications utiles au sonorisateur (qui lui ne connait souvent pas le groupe et le découvre le jour du concert). Cela pourra éviter bien des galères et prises de têtes le jour J et sécurisera les musiciens qui sauront qu’une oreille attentive veille dans la salle et pourra intervenir le cas échéant. Par ailleurs, en dehors des indications techniques, disposer d’une personne « extérieure » au groupe, présente régulièrement aux répétitions, apporte beaucoup côté objectivité… Donc, si vous avez un copain mélomane qui ne sait pas quoi faire le soir…

Derniers éléments utiles : ne programmez pas des répètes de 8 heures… Deux ou trois heures de musique plein pot c’est déjà bien, après, on perd beaucoup en efficacité… et… Prévoyez quelques minutes de débriefing pour, pourquoi pas, programmer la répète suivante et lui donner du sens en en fixant le programme… Enfin, les problèmes organisationnels et administratifs sont à régler hors répétition, il y a la musique… et le reste… il ne faut pas tout mélanger !

Ce qu’il faut retenir si l’objectif est de répéter « efficace »,

Ce que la « répète » n’est pas :
• Un espace de liberté totale à l’intérieur duquel chacun agit d’abord pour son propre compte
• Le moment où chaque musicien travaille sa partie individuellement
• Le moment où chacun attend l’autre…
• Une compétition à qui jouera le plus fort
• Le moment où l’on règle les détails et problèmes d’ordre « administratif »



Ce que la « répète » doit être :
• Un espace de liberté relatif au sein duquel chacun agit d’abord pour le compte du groupe
• Un moment où l’on partage de nouvelles idées/plans
• Un moment pour la mise en place en groupe de ce que chacun a travaillé chez lui individuellement, tant sur le plan instrumental que sur le plan sonore
• Un « temps » musical limité