Sorti en octobre 2010, le dernier album de Steve Lukather est peut être celui qui résume le mieux tout l’univers de ce géant de la guitare et pour moi de la musique rock mélodique. On retrouve tous les ingrédients qui ont fait les heures de gloire de Toto, groupe désormais un peu mythique et dont Steve a toujours été le pilier, tant sur le plan des compos, que de l’esprit et du son…

imageArticle



All’s well that end’s well (le titre en lui même est déjà très évocateur…) a été composé dans une période plutôt sombre de la vie de Steve Lukather comme il l’explique d’ailleurs assez clairement dans le tout premier titre « Darkness in my world ». Pas mal de bouleversements sur le plan familial... Steve a également beaucoup souffert, comme il l’a expliqué à plusieurs reprises lors de ses dernières interviews, de savoir son grand pote Mike Porcaro (bassiste de Toto) en proie à une maladie très handicapante qui le paralyse progressivement…sclérose latérale amyotrophique, assez atroce…

D’une manière générale, on est toujours, et c’est ce que j’ai toujours apprécié chez Steve Lukather, dans la musicalité absolue, même si le fil conducteur reste « la chanson », les refrains, la mélodie… Exercice difficile que peu réussissent car l'alliance de ces deux mondes n'est pas simple. De même, la « démonstration » guitare et la stricte performance technique n'ont jamais été le créneau de Steve, alors que bien évidemment, il aurait largement pu surfer sur cette vague (au moins aussi bien que The Alien sans doute mais...) et s'en contenter… Au lieu de cela et plutôt que de balancer 10000 notes à la seconde, il a toujours préféré le "groove" et la musicalité, Respect!!!!!

La prod est comme toujours ultra léchée avec une variété des sons de guitare comme il est le seul à la proposer; il y a un peu de tout mais de tout toujours au top, crunch, clean, lead, tout y est... Irrémédiablement, comme à chaque fois, cet album donne envie de se lever et de sortir sa gratte (j'allais dire, sa Luke...) de son étuis…

imageArticle



Le couplet de « On my way home » est très dans la veine « Donald Fagen ».
« Darkness in my world » et « Can’t look back » sont sans doute les morceaux les plus typés « Toto ». Evidemment, la voix de Steve est là pour nous rappeler des choses mais on mesure toute l'influence qu'il a pu avoir sur ce groupe. Lukather seul est largement égal à "la tête à Toto", pas sûr que l'inverse soit vrai, Toto sans Lukather ????? Quel bonheur de réentendre ce son qui continue de me « transcender » et qui a toujours guidé ma démarche de guitariste et de musicien. J’ai l’impression de me reprendre « un bon coup de pied au … comme si Steve me murmurait dans l’écouteur « Let's go man, we’re always here !!!!! ». Les riff de « Flash in the pan » et de « Brodie » (un de mes morceaux préférés sur l’album…) sont très Hendrixien, on ne se refait pas, et ça ne sera pas pour nous déplaire évidemment... « Watching the world » est un très beau plan westcoast que l’on retiendra sans peine comme d’ailleurs une bonne partie des refrains de l’album. Avec « You’ll remember » on a vraiment du « Luke » pur jus et sans sucre ajouté, mélange de plans jazz rock et de plans chantés Totoesques incandescents soutenus par une vraie rythmique bien posée comme d’hab et qui en concert, doit plutôt déménager sa mère… Car il ne faut pas oublier non plus le côté très « road » de Steve Lukather, sur la route le plus souvent possible, et pas pour rire! Contrairement à l’image que beaucoup lui ont souvent collé sur le dos, Steve n’est pas qu’un musicien de studio loin de là, c’est même plutôt un « performer », musicien de scène; ceux qui l’ont déjà vu « on stage » ne me contrediront certainement pas, il donne tout, quelque soit le lieu, le public, et l'enjeu...

Quoiqu’il en soit, Steve nous invite encore là à participer à une belle promenade musicale, pas seulement guitaristique même si la guitare reste évidemment omniprésente sous toutes ses formes un peu partout dans l’album, normal ! Il confirme une fois encore ses très grandes qualités de compositeur, d’arrangeur, et bien sûr de guitariste sans jamais tomber dans la performance brutale et inutile. C’est finalement aussi beaucoup dans la voix que l’on reconnaitra le style très marqué de ce monstre du rock, capable d’évoluer dans tous les styles, pour le meilleur, et dont je resterai absolument fan à jamais je pense… Et merci au passage pour cette guitare magique, que j’ai personnellement le plaisir de jouer chaque jour et dont je n’ai jamais trouvé l’équivalent dans d’autres marques, pour le moment en tous cas.

Un album indispensable s'il en est!