Andy Timmons est un guitariste un peu à part... S'il n'a pas tout à fait connu la même ascension fulgurante des Satriani, Vai et autres guitaristes versés dans le domaine de la musique instrumentale, il n'en demeure pas moins, aux dires de ces derniers eux mêmes d'ailleurs, l'un des meilleurs du genre...
C'est le groupe "Danger danger" également un peu "confidentiel", dans l'hexagone tout au moins, qui l'a propulsé au devant de la scène. Un groupe de rock FM plutôt bien ficelé qui a quand même vendu près d'un million d'albums et a beaucoup tourné à une époque, aux côtés de "monuments" du rock comme Kiss ou Alice Cooper. Par ailleurs, Andy Timmons, "as a session man", a travaillé avec des artistes de renom international : Olivia Newton John, Paula Abdul, Paul Stanley... Plus récemment, Il a aussi participé à l'enregistrement du dernier album solo de Simmons Philips, batteur émérite du groupe Toto et s'est retrouvé sur scène aux côtés des pointures déjà évoquées plus haut, Joe Satriani et Steve Vai, dans le cadre des "G3 tours", bien connus des guitaristes du monde entier.

Parallèlement, Andy Timmons a toujours affectionné la musique instrumentale et si sa discographie ne compte finalement que quelques albums, ils sont pour moi incontournables et constituent des pièces de grande qualité dans l'univers guitaristique finalement assez aseptisé que nous connaissons aujourd'hui. La particularité du jeu d'Andy se situe au niveau de l'expressivité. La comparaison est sans doute osée et d'un style musical complètement différent, mais j'irais facilement jusqu'à dire qu'il y a dans le jeu d'Andy Timmons quelques vagues Gilmouriennes... Au delà de la performance purement technique, que l'on pourrait évidemment rapprocher de tous les "standards" actuels", il y a cette façon unique de "faire parler" l'instrument, des bends magnifiques qui "collent" littéralement l'auditeur à son siège parce que placés là où il faut, au moment où il faut, et avec le son qu'il faut. La "vitesse" de jeu, qui constitue toujours l'un des critères majeurs d'évaluation du niveau du guitariste moyen... à tors ou à raison, je ne sais pas... n'est pas ici le premier objectif. On est assez loin d'un Ingwie Malmsteen mais l'aisance naturelle d'Andy, la manière qu'il a de délier les notes tout en restant paradoxalement très "legato", son utilisation sans excès de toutes les techniques actuelles, tapping, sweeping, harmoniques, en font vraiment, pour ce qui me concerne, le plus talentueux guitariste du moment. On dirait qu'il a su se tenir à distance de certains délires inutiles : des guitaristes capables de jouer 10000 notes à la seconde, il y en a tellement que cela ne présente plus aucun intérêt, si ce n'est sur le plan de la performance pure, qui oublie au passage un peu la... musique.

Justement, le son, parlons en. Andy Timmons est endorsé par Mesa Boogie et Ibanez. Un modèle signature Ibanez, plusieurs fois revu et corrigé est même proposé au catalogue de la marque. Vous écouterez les démos Mesa Boogie réalisées par Andy sur Youtube et vous m'en direz des nouvelles : pas de saturation outrancière ni de grosse compression délirante, tout comme dans son jeu de guitare très personnel, il y a juste ce qu'il faut d'effets (il affectionne particulièrement les echos à bandes), et d'overdrive pour que ça sonne très grave... Le son d'Andy est certes produit par les meilleurs amplis qui soient mais ce sont surtout ses doigts et son touché fabuleux qui font le travail... Le couple "Lonestar/Stiletto", mixage du meilleur des deux mondes : son "anglais" d'un côté et très "Américain" de l'autre donne le résultat que l'on sait... à cela, il ne faut pas oublier d'ajouter l'excellent "BB preamp", booster de la marque Xotic utilisé par Andy pour donner davantage de "corps" à ses solos lorsque la pression monte. Cocktail détonnant, d'autant que, comme nous le verrons très prochainement dans un test détaillé du Lonestar, cet ampli dispose d'une reverb intégrée impressionnante de clarté et de couleur, qui dispense pratiquement l'utilisateur de tout autre effet et tient sans aucun problème la comparaison avec un outil de retard numérique...

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Les titres "phares"... Difficile de faire un choix tant le répertoire foisonne de plans tous plus excellentissimes les uns que les autres. S'il faut en citer quelques uns, j'irais vers "Electric Gypsy" que vous retrouverez sur l'album "That was then, this is now" ou encore dans un style un peu plus Satrianesque "Super 70s"... "Cry for you" reste un modèle de feeling et de grande maîtrise de la mélodie, même les "non pratiquants" apprécieront, ce qui n'est pas la moindre des qualités pour un instrumental "guitare"... Enfin, plutôt que des morceaux en particulier, je vous conseillerais les trois derniers albums : "The spoken and the unspoken", "That was then, this is now" et "Resolution". Pour les amateurs, vous retrouverez toute la discographie d'Andy Timmons en cliquant sur le présent lien ainsi que l'official Andy Timmons website...

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Vous l'avez compris, Andy Timmons est un très Grand... Gilmour, Satriani, Van Halen, Vai, Johnson, il est au milieu de tous ces monstres, dont il a su tirer les enseignements pour créer son propre univers, un univers très personnel qui le rend reconnaissable entre tous. Une sacrée consécration, celle dont nous rêvons tous! Et je ne manquerai pas bien sûr, de vous proposer très bientôt quelques plans de ce fabuleux guitariste dans les cours Fret-time, nous reparlerons alors des sons, ce qui ne sera évidemment pas pour me déplaire...