Il y a toujours un doute lorsqu’on se retrouve avec un instrument… Indonésien dans les mains. C’est comme ça, inutile de le nier. S’agissant de la Jem, l’hésitation est d’autant plus grande que cette guitare est mythique… Proposée à un tarif particulièrement attractif puisque quasiment trois fois inférieur à celui de l’originale Japonaise Prestige, la Jem 70V Premium a de quoi séduire, surtout les fans de Steve Vai qui n’ont pas les moyens de s’offrir la 7V du maître. Et comme si tout cela ne suffisait pas, Ibanez n’a pas hésité à la proposer dans un coloris unique très original Sea Foam Green façon Chevrolet des années 50, magnifique !
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Vous connaissez tous l’histoire de la JEM… Elle est le résultat d’un travail collaboratif très rapproché entre Steve Vai et Ibanez depuis un peu plus de 25 ans, produite dans différentes version et dans des finitions et coloris pour le moins originaux. Ce travail a même été copieusement célébré l’année dernière avec la mise sur le marché (en même temps que notre 70V) d’une toute petite centaine de modèles EVO strictement identiques à la guitare du maître, en reprenant le moindre « poc » et le plus infime éclat de vernis, évidemment à un prix même pas avouable…

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La « stratégie » commerciale Ibanez de ces dernières années est loin d’être stupide, la marque continue de proposer des modèles « signature » dans la série Premium, qui ne sont donc pas fabriqués au Japon. C’est aujourd’hui le cas de la JS (Satriani) ou encore d’une certaine AT (Andy Timmons) certes peut-être un peu moins « prestigieux » dans l’esprit mais qui, comme nous allons le voir avec cette 70V valent réellement le détour.



Qu’est ce qu’une JEM ? Esthétiquement, La JEM, c’est d’abord le « Monkey grip », cette poignée bien visible qui n’est pas qu’une figure de style mais s’avère très pratique pour « balader » la guitare autrement qu’en la tenant par le manche. Difficile de passer à côté, c’est un peu la marque de fabrique de ce modèle, là-dessus, Steve Vai ne s’est pas trompé : au premier coup d’œil, on identifie la guitare… On peut penser qu’il l’a aussi voulue ainsi pour s’amuser sur scène comme on peut facilement le voir sur les nombreuses vidéos qui le montrent en plein exercice de ses fonctions dans des shows aux chorégraphies vraiment très personnelles… Le Monkey grip, c’est aussi l’une des raisons pour lesquelles vous n’achèterez peut-être jamais cette guitare, certains aiment, d’autres n’arrivent pas à s’y faire, « un trou dans la caisse ! » (sans mauvais jeu de mot…), un peu de la même façon d’ailleurs qu’on adhère à la Vai Music and philosophy of life ou pas du tout… La JEM, c’est aussi la défonce très particulière sous le bloc vibrato façon « griffe de lion », un truc également voulu par Steve Vai qui l’avait d’ailleurs déjà réalisé sur certaines de ses guitares bien avant de signer chez Ibanez et qui permet de tirer (ou « d’arracher »…) le machin dans tous les sens et même bien davantage… Enfin, sur le plan ergonomie, la JEM c’est aussi un manche 24 cases super fin avec des touches scalloppées (sur le modèle Prestige ne tous cas) tout en haut et une découpe nette du talon autorisant une accessibilité maximum aux notes les plus aigües… Bref une vraie gratte de jazz !

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En dehors de toute considération financière, avant de faire le gros dos à l’idée d’acquérir un instrument Indonésien, je ne peux que vous conseiller de poser les mains dessus… Les récentes productions d’Ibanez en Premium (mais aussi d’autres marques…) sont d’une qualité vraiment bluffante, ce que nous avions déjà indiqué lors du test de la S970 Premium. A croire que les usines de fabrication « installées » là bas ne sont pas du tout « à la rue » et qu’on y fait vraiment du bon boulot !

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Pour avoir eu plusieurs fois entre les mains une JEM7 « Prestige », j’avoue que c’est quand même avec une petite appréhension que j’ai agrippé la 70V Premium… une petite seulement car comme je l’ai déjà dit, les Premium que j’ai eu l’occasion d’essayer m’ont toujours paru d’excellents instruments. Force est de constater que cette petite JEM n’a pas à « rougir » de la comparaison (Mémée affirme d’ailleurs que « c’est pour ça qu’elle est verte… »). Encore une fois, la finition est superbe, le vernis semble d’une qualité excellente et je cherche l’erreur…

S’il faut absolument trouver du « négatif », trois « détails » m’apparaissent :
-L’arbre de vie fait un peu kitch par rapport à l’originale mais il faut dire que je ne suis pas fan de ce genre de déco quoiqu’il en soit donc… à relativiser.
-Il manque les touches scaloppées de la Prestige mais il fallait bien « marquer » d’une certaine façon quelques différences… et ce n’est probablement ce qui de toute manière vous fera choisir ce modèle plutôt qu’un autre…
-A l’usage on « sent » très très très légèrement les deux couches/traits de noyer au milieu du manche érable qui est donc composé de 5 couches, ce qui n’est pas le cas sur la Prestige (du moins je ne m’en souviens pas…)
Voilà, passés ces « détails », on se retrouve avec une guitare super agréable et facile à jouer avec un manche très fin mais au profil plus rond que celui de la RG et qui sera donc moins déroutant au départ. L’accessibilité aux aigües est très bon, on pourra donc aisément tirer profit des 24 cases sans s’exploser le poignet… Il est possible de régler l’action des cordes très basse, ce qui ravira les utilisateurs potentiels de cette guitare évidemment très typés shred…



Pour le reste, il est indéniable que l’un des principaux attraits de cette JEM Premium est qu’elle conserve les micros d’origine du modèle Prestige, à savoir le set complet de Di Marzio Evolution de Steve Vai… On n’a pas là des micros « Ibanez » comme c’est le cas sur la S970 par exemple (encore que même ces micros sont plutôt très sympas aussi…). Inutile de vous dire que ça dépote en disto et que les deux humbuckers sont « pleins » jusqu’à la gu…. De quoi s’aventurer dans les contrées sonores les plus diverses, de metal à blues rock en passant par tous les styles de musique qui font appel à des guitares saturées. Les harmoniques sortent de partout, ce qui est proprement « énorme » compte tenu du prix de la guitare et de ce que l’on croit pouvoir en attendre. En son clair, pour des arpèges à la Scorpions ou des ambiances plus funkisantes en direct dans la console à la…….. Steve Vai, le simple bobinage central prendra sans complexe le relais et permettra, suivant qu’on le joue seul ou mixé avec l’un des deux humbuckers, de retrouver des côtés « Strat » évidemment très utiles.

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La JEM70V ne se résumera donc absolument pas à l’univers un peu exclusif de maître Vai mais pourra très bien trouver sa place dans une jungle très différente dès lors qu’on reste dans le champ « rock ». Sur le plan strictement « son », elle affiche au contraire une grande polyvalence et sera capable d’envoyer le bois avec une grosse disto sans jamais fermer la porte au super clean.



En conclusion… Les fans de Steve Vai l’achèteront les yeux fermés et ils ne seront pas déçus. Ceux qui ont déjà la 7V ne manqueront pas de s’auto flageller à raison sauf s’ils aiment grimper à l’arbre de vie original et n’envisagent pas cette vie sans une signature « Prestige »… Tous les autres, à compter que l’esthétique « marquée » ne les rebute pas, doivent absolument essayer cette gratte avant d’investir leurs 1200 boules dans autre chose : qualité perçue, jouabilité, accessoires (je pense à l’excellent vibrato), son(s), tout est réuni pour que la musique soit bonne. A ce prix, je ne vois aucun équivalent sur le marché du rock !

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