Assez inattendu et bien loin des clichés du hard FM un peu basiques d’Europe, le dernier album solo de Joey Tempest, intitulé tout simplement « Joey Tempest », sorti à l’automne 2002 (ça commence à faire…) est une vraie réussite.
G66
C’est le 3è et dernier album en solo (pour le moment...) de ce chanteur Suédois et c’est bien dommage… Les deux premiers « essais » étaient bien moins enthousiasmants, à mi chemin entre les ballades hard rock et les couplets typés musique californienne aux accents presque country…
Avec « Joey Tempest », on se retrouve typiquement dans le genre de plans qui me plaisent particulièrement : simplicité mais grande efficacité, aucun titre à jeter, un son typé qui n’est pas sans rappeler la vague rock moderne de groupes comme Stereophonics ou Hoobastank (donc pas grand-chose à voir avec Europe) une pointe de hard rock quand même dans la voix et dans les refrains… Bref un « cocktail » réellement plaisant, pas vraiment cantonné dans un style particulier, le tout super bien produit, sans fioritures mais bien mené.
Rien de fantastique sur le plan guitare dans l’absolu mais il y a quelques harmonies franchement bien amenées et surtout, qui collent vraiment à la voix et font oublier l’absence quasi-totale de synthés. Comme quoi, il n’y a pas que les chorus dévastateurs qui comptent. A écouter des titres comme « Forgiven » ou « Superhuman » , on peut se demander comment cet album a pu rester aussi « confidentiel » car il est largement aussi crédible que certains Opus d’Europe, super produits mais largement moins agréables à l’écoute et surtout beaucoup moins originaux…
J’apprécie vraiment les musiciens qui savent sortir un peu des sentiers balisés et proposer des choses plus intimes et plus personnelles. Cela peut présenter des risques, financiers sans doute, c’est certainement pourquoi Joey Tempest est rapidement revenu à des choses plus classiques et a retrouvé sa place de leader dans le groupe qui l’a fait connaître… Cela dit entre parenthèses, le dernier "Europe" : "Last look at Eden" vaut également le détour. Personnellement, j’adhère complètement à cette démarche qui n’aura sans doute jamais de suite, ça faisait très longtemps que je ne m’étais pas remis en boucle un CD de rock… Donc… Bravo !