Les avancées de l’électronique et de l’informatique offrent un incroyable potentiel sonore aux musiciens amateurs ou pros que nous sommes… Du classique à la musique traditionnelle en passant par les sons ethniques ou « l’electro », nous avons accès à une banque de sons planétaire quasi illimitée.
La norme Midi est depuis des années entrée dans tous les « home studios » mais elle est aussi présente dans le rack de nombreux guitaristes surtout s’ils ont décidé de se lancer dans le monde « déjanté » de la guitare synthé… Au départ, le midi a été « inventé » pour nous faciliter la vie et cela quel que soit le type d’instrument pratiqué mais au quotidien, combien de crises de nerfs avez vous piqué face à votre Mac, à votre module de sons ou à votre multi effets ? Voici le premier épisode d’un tuto déjà maintes fois abordé « ailleurs »… mais en mieux sur Fret-Time ! Il sera évidemment orienté guitare(s) et guitare synthé mais pas seulement et tentera de démystifier un peu l’affaire….. Bref, le midi expliqué longuement mais simplement, pour tous les gratteux et les home studistes qui débutent dans ce difficile « métier » et n’ont pas envie de voir midi à quatorze heures !!!!!!
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Prélude…..

Pour cet exercice, je suis parti d’un excellent document produit par Roland, un document très complet qui aborde les choses de manière très détaillée. Il m’a servi de plan pour « bâtir » ce dossier et j’y ai ajouté un certain nombre de « touches » et d’expériences persos.

Le présent tuto sera réalisé en plusieurs parties ou « épisodes » et n’est pas lié à un matériel en particulier. Si votre problème est exclusif et « local », il faudra obligatoirement en passer par le manuel ou le forum correspondant au matériel précis que vous utilisez. Mais justement, et c’est là l’un des principaux intérêts de la norme midi, il y a des chances que vous trouviez ici des réponses aux questions que vous imaginez très persos mais qu’en fait tout le monde se pose… car le midi, c’est très souvent un peu pour tout le monde pareil… Quand on a pigé ou intégré un certain nombre de « bases », qu’on soit guitariste, claviériste ou accordéoniste, on a souvent tout compris ! En bref, il y a beaucoup de points communs d’un instrument ou périphérique à l’autre dans le domaine du midi…

Si vous êtes déjà un utilisateur midi « avancé », vous pouvez passer directement à l’épisode 2 (qui sera publié dans quelques jours)…


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Les bases :

Midi = Musical instruments digital interface…

Si une grande partie des « instruments » que nous utilisons aujourd’hui (les synthés notamment) ou effets, est « dématérialisée » (les instruments sont « virtuels »), les logiciels côtoient sans complexes les matos « hardware » les plus nobles, même ceux qui sont encrés dans notre mémoire interne de zikos depuis un demi siècle… Dans un studio d’enregistrement, et c’est encore plus vrai en home studio, on trouve désormais autant de hardware que de virtuel et il n’est pas rare de pouvoir poser ses doigts sur le clavier d’un vieux Moog en même temps que d’effleurer l’écran tactile d’un iPad… Si différents soient-ils, tous ces « bousins » (mémée les appelle comme ça…) partagent un même protocole : la norme « midi ». Si la norme midi a été « inventée » à l’heure où les logiciels ressemblaient encore à des suites de chiffres incompréhensibles pour le commun des mortels, elle prend tout son sens aujourd’hui, au moment où il est vital pour nous tous, « pôôôôvres utilisateurs » de faire cohabiter tout ce petit monde pour le meilleur, non pas de la technologie, mais de la….. musique !

Ce qu’est le midi et ce qu’il n’est pas…

Beaucoup de gens pensent qu’à travers les câbles midi transitent des sons ou de l’audio… C’est faux.

Le Midi est un système qui permet à des instruments de musique électroniques et des ordinateurs de s’envoyer des instructions (pas des sons…) les uns aux autres. Piloter, chainer, jouer certains instruments à certains moments et pas à d’autres, ensembles ou séparément, changer automatiquement leurs presets, utiliser tout leur potentiel interne et toutes leurs fonctions multiples et variées à l’aide contrôleurs adaptés, voilà quelques exemples de ce que le « midi » vous autorisera à faire… Suivant l’état de vos connaissances, de vos projets ou besoins, le type de matériel utilisé aussi, le « midi » peut tout à la fois rester d’une manipulation hyper simple ou devenir archi complexe. Ce qu’il convient surtout de retenir en tout premier lieu, c’est qu’il constitue, au même titre que d’autres éléments qui sautent peut-être davantage aux yeux, un formidable potentiel créatif, et cela, que l’on « cause » de performance « live » ou d’enregistrement studio…

Ce que le midi permet, entrons un peu dans les détails avec quelques exemples :

-jouer des sons issus d’un expandeur ou d’un synthé virtuel depusi le clavier au toucher lourd que vous aimez particulièrement ou depuis votre guitare équipée d’un système de conversion midi.
-créer des « univers » musicaux d’une richesse absolue en superposant les sons issus de différents synthés, virtuels ou non (layers).
-quand vous jouez un instrument midi, il produit des informations qui peuvent être enregistrées dans un séquenceur midi. Quand vous appuyez sur « play », le séquenceur joue ces infos mais les séquenceurs ne sont pas seulement des « enregistreurs » (on verra ça un peu plus loin)…
-la gamme de sons « General Midi » permet de lire directement des morceaux faits par d’autres sur vos instruments midi ou sur votre ordinateur. Les sons d’origine sont automatiquement « retrouvés » sur votre machine, un son de piano restera un son de piano…
-un appareil midi peut en piloter un autre ou être piloté par un autre. Il peut aussi se synchroniser avec de l’audio, suivre les ordres de votre magnéto ou de votre DAW ou lui même donner des ordres…

Sur le fond, c’est assez simple, quand un appareil midi communique avec un autre, il ne fait que lui donner des instructions, l’appareil « maître » dit à l’appareil « esclave » ce qu’il doit faire…

Supposons que vous ayez un clavier midi raccordé à un expandeur ou module de son et que vous souhaitiez jouer les sons du module avec votre clavier. Lorsque vous appuyez sur la touche DO (C) de votre clavier, le clavier envoie un message midi simple « Do Key Down » au module de son : « Joue la note de DO à cet endroit du clavier »… Le module reçoit le message et répond « Ah, OK, je joue la note de DO… ». Lorsque vous relâchez la touche, le clavier envoie un message midi simple « note off » indiquant au module qu’il faut cesser de jouer cette note. Les messages de « note on « / »note off » constituent les bases du fonctionnement midi. La plupart des contrôleurs midi sont également capables d’envoyer des messages concernant la vélocité (avec quelle force vous appuyez sur les touches), ainsi, vous pouvez nuancer votre jeu en accentuant certaines notes et en « enterrant » d’autres. Et bien sûr, ça marche aussi lorsque vous jouez en accords, c’est à dire plus d’une note à la fois et ça marche aussi à la guitare…

Les contrôleurs midi :

Un appareil midi capable d’envoyer des infos de commande à un autre appareil midi est appelé « contrôleur » midi. La plupart des gens pensent qu’un contrôleur midi est forcément un clavier, or il existe beaucoup d’autres types de contrôleurs, à commencer par la guitare mais aussi un tas d’autres appareils, les surfaces de contrôle par exemple que les home studistes connaissent bien et qui rendent de très importants services au quotidien. La batterie électronique est aussi un contrôleur midi. Les instruments à vent ne sont pas en reste, puisqu’il y a aussi moyen de piloter des sons à l’aide d’un « pipo » midi…

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La puissance des séquenceurs midi :

Sans qu’on le sache toujours, les séquenceurs sont à la base de nombreux enregistrements professionnels et la plupart des « tubes » (tous peut-être) que vous écoutez tous les jours ont été composés avec...
A l’enregistrement, le séquenceur fait preuve d’une grande souplesse et offre un confort assez incroyable. En midi, rien n’est jamais « figé » et il est possible d’enregistrer suivant différentes méthodes, en live, pas à pas, note à note à la souris ou avec des outils imagés du type pinceau ou stylo à l’écran… Il est toujours envisageable de « revenir » sur ce que l’on a fait, « à tête reposée » par exemple après un enregistrement live… L’enregistrement midi ne concernant pas directement les sons mais uniquement des informations, on pourra aisément « lire » différents sons sur une même piste enregistrée afin de les comparer et de garder celui qui correspondra le mieux aux besoins…

Chaque enregistrement correspond à une piste précise et le nombre de pistes utilisables simultanément au sein d’un séquenceur est souvent illimité, en fait seulement limité par la puissance de votre ordinateur…
Par ailleurs, le séquenceur vous laissera afficher votre performance sous différents formats : « séquenceur » comprenant une succession « d’évènements » manipulables à la souris avec généralement la représentation d’un clavier à l’écran, mais aussi « portée » où vous verrez ces évènements se transformer en notes de musique qu’il sera même souvent envisageable d’imprimer…

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La saisie d’évènements ou l’enregistrement live ne sont pas les seules fonctions disponibles. Vous pourrez aussi « quantifier » votre travail suivant un certain nombre de paramètres que vous aurez choisis, c’est à dire remettre les notes bien à leur place, en supprimer, en ajouter de nouvelles, sur les temps ou non mais en tous cas là vous le décidez… Vous pourrez « transposer » des séquences, intégralement ou non, c’est à dire modifier la hauteur des notes… Ajuster « après coup » leur vélocité, c’est à dire modifier à la lecture la force avec laquelle vous les avez jouées, changer la longueur des notes, etc…

Si vous croiserez la plupart de ces séquenceurs sous forme logicielle sur des ordinateurs, certains instruments de type « Workstation » intègrent un séquenceur… C’est le cas de nombreux synthés claviers qui se suffisent dans un premier temps à eux mêmes et ne nécessitent pas d’ordinateur pour fonctionner.
Aujourd’hui, quasiment tous les séquenceurs logiciels (DAW = digital audio worstation) sont capables d’enregistrer du midi en même temps que de l’audio. La synchronisation entre pistes midi et pistes audio se fait à l’interne et en ajoutant une carte son (ou interface audio), vous pourrez tout à la fois enregistrer votre synthé et son module de sons en midi et votre guitare, basse ou votre voix en audio… Des orchestrations complexes pourront ainsi être envisagées comprenant tous types de sons et d’instruments, midi et audio…
Enfin, le midi peut aussi se synchroniser avec de la vidéo. Il sera ainsi possible de « gérer » des séquences videos sur scène à l’aide de contrôleurs adaptés pour créer des ambiances définies défilant au rythme de la musique. Les possibilités sont quasi illimitées également et vous en avez sans doute profité sans le savoir lors du dernier concert auquel vous avez assisté……

Prochain épisode : les connections midi… restez branchés !

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