Si vous suivez les tests matos de Fret-Time, vous l’avez déjà vue et entendue et je me suis même laissé dire que certains d’entre vous avaient bien flashé dessus (mais elle n’est pas à vendre…). La Luke BFR True Gold sur laquelle j’ai l’immense plaisir de jouer tous les jours est une guitare fabuleuse à tous points de vue, à l’image de celui dont elle porte le nom… Les Music Man « Ball Family Reserve » sont déjà des instruments extraordinaires en eux mêmes mais cette True Gold met la barre encore plus haut… L’actualité voudrait peut être que je vous parle plutôt de la Luke III qui vient de sortir et qui par certains de ses attributs (le manche notamment) lui ressemble beaucoup (un test est d’ailleurs prévu aussi pour très bientôt, merci Steve…) mais il m’a semblé intéressant de vous brosser le portrait de celle ci, ne serait ce que pour mettre vos sens en éveil au cas où vous en verriez une passer sur le marché de l’occasion (on peut toujours rêver)………. Un bon conseil si c’est le cas : ne réfléchissez pas, foncez, même s’il faut mettre votre belle mère en vente et toute la porcelaine des familles qui va avec !
G66

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Evidemment tout le monde ici connaît et vénère Steve (et si c’est pas le cas, sortez immédiatement !!!!!!). La Luke BFR True Gold n’est rien de moins que la guitare posée à plat devant lui sur la pochette de son dernier album All’s well that ends well… Cette guitare est une édition limitée de la Luke BFR que seuls les plus « High end » revendeurs Music Man à travers le monde ont pu proposer à la vente. Ces revendeurs top niveau sont les seuls à disposer des instruments les plus rares, modèles spéciaux fabriqués en quantité ultra limitée également… La True Gold a donc été produite à 200 exemplaires pour le monde entier et chaque modèle porte la signature manuscrite du boss…

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Le corps de la guitare est en aulne recouvert d’un vernis polyester super épais qui au delà de la protection qu’il apporte fait ressortir la superbe finition et le coloris unique orange Gold. Le bloc vibrato reste le même que celui de la Luke II « classique », un modèle « flottant » à deux points de fixation associé à des mécaniques blocables Schaller contrairement au premier modèle « Luke I » qui disposait d’un Floyd avec blocage au sillet. Ce vibrato vintage est super simple mais ô combien ultra efficace et ultra agréable. Il permet de réaliser à peu près toute la panoplie d’effets que l’on peut attendre de ce genre d’accessoires, du très léger vibrato au dive bombing Van Halenien avec modération toutefois sur ce dernier point, suivant le tirant de cordes que vous utilisez.

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Première très grande différence par rapport à la Luke II « normale », le manche est entièrement en palissandre, manche et touche, oui vous avez bien lu et en effet, ce n’est pas commun… avec un profil exactement semblable au modèle initial. C’est aussi l’option qui a été retenue sur la nouvelle Luke III dont nous reparlerons bientôt et on comprend bien pourquoi. C’est très simple, je n’ai jamais connu mieux, c’est à la fois soft, inattendu, rapide, chaud (bon et pas d’allusions à la c….. là hein !!!!!!). On est très loin d’un vernis brillant qui colle aux pattes et ce n’est pas non plus exactement le même feeling qu’avec la Luke classique, mais je peux vous l’assurer, c’est encore mieux… En fait le manche est enduit de cette huile magique dont seul Ernie Ball a le secret et qui fait d’ailleurs une grande partie du succès de la marque quelque soit le modèle. Difficile de revenir à autre chose quand on a goûté à ce genre de plaisir. La tête elle même est en palissandre, vernis cette fois et finit de donner à la guitare cette classe inimitable qui rend inévitablement son propriétaire fier d’être guitariste… Le manche est un 22 cases, comme la Luke II habituelle.

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La deuxième différence par rapport à la Luke II réside dans le choix des micros, toujours des EMG « actifs » mais d’un modèle spécial : EMG « X »… On est toujours en HSS avec un humbucker EMG 85 « X » donc en bridge et 2 SLV « X » custom. Ces micros nécessitent une alimentation en 9 volts, la pile se trouve dans un compartiment séparé du reste de l’électronique au dos de la guitare et tout le reste est intégralement protégé et blindé grâce à une résine spéciale, le tout étant « bouclé » sous un capot en alu dans la caisse de la guitare. Si les EMG sont connus pour ne générer aucun bruit parasite, toutes les précautions ont ici été prises pour isoler définitivement tous les composants électroniques de la guitare, on est dans le haut de gamme absolu.

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C’est bien connu, la Luke est une guitare très facile à jouer, c’est même souvent pour ça qu’on ne veut plus la lâcher lorsqu’on commence à jouer dessus. Sur cette BFR, la sensation est décuplée, tout incite à ne plus s’en décrocher, la jouabilité est maximum. La résonnances est exceptionnelle, il faut imaginer le soin avec lequel les bois sont stockés, séchés et choisis pour parvenir à un tel résultat, il n’y a qu’à la jouer débranchée pour s’en apercevoir… et c’est en permanence l’invitation au délire lorsqu’on la relie à l’ampli. Il devient alors « plus facile » de faire « sonner » l’instrument, j’oserais presque dire, de le faire « chanter » et cela quelque soit le type de son utilisé, clean ou disto… En fin de compte, cette True Gold a une voix !

Une petite video quand même, les autres sont sur ma chaine Youtube...



Et pi allez, une autre, c'est mémée qui m'oblige...


Il n’est jamais évident de « décrire un son »… Vous en trouverez un maximum sur ma chaine Youtube (accessible directement depuis cet article en cliquant en haut à droite de ce dernier…) et il y en aura d’autres dans les prochaines semaines…. Les EMG « X » sont moins « pêchus » que la monte d’origine de la Luke II, le niveau de sortie est moins élevé et l’on se retrouve moins dans le registre « chirurgical » des EMG classiques, ce qui plaira à beaucoup. Ce qui est assez extra, c’est qu’à l’intérieur de cette caisse de haute volée, les EMG « X » ont tendance à plus ressembler à ce que l’on obtiendrait avec des micros passifs et perdent le semblant de « froideur » que l’on pourrait quelquefois leur reprocher. Pour obtenir des sons très High gain, il faudra donc un peu plus titiller le gain de l’ampli qu’avec le modèle de base mais on obtiendra toujours des sons saturés monstrueux avec une précision unique à mon sens. Le côté boueux d’un Di Marzio (qui peut tout à fait beaucoup me plaire aussi, nous sommes bien d’accord…) est ici totalement absent et dans cet esprit, on récupère bien la logique EMG mais avec une autre tendance qui permet une expressivité à mon avis encore supérieure. Les harmoniques sortent de partout même sans forcer et encore une fois quel que soit le matos qu’il y a derrière. En accords, on a le sentiment de « faire le plein » à chaque fois avec une régularité et une netteté vraiment appréciables, il n’y a jamais ce « doute » qu’une corde « sonne » un peu moins qu’une autre…

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Petit ajout pour les midi guitar users, j’avais déjà dit que le GK3 s’adaptait parfaitement à la Luke II, c’est une nouvelle fois vérifié avec ce modèle sur lequel j’ai bien sûr monté le capteur pour pouvoir jouer tous mes sons de synthé et les acoustiques qui vont avec… D’une part il y a tout à fait la place pour positionner cet accessoire sans aucun besoin de détruire quelque chose sur la guitare, d’autre part ça sonne direct, sans chercher des heures un réglage adéquat… Pourquoi ? Je ne sais pas vraiment expliquer cela mais c’est un fait, et je l’ai souvent remarqué, le GK3 se marie très bien avec les très bonnes guitares, beaucoup moins bien avec des guitares de qualité moyenne… comme quoi, l’électronique ne fait pas tout même quand on parle de GK3…

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En résumé, je crois toujours que la Luke est vraiment LA guitare du siècle. Simple, belle, sans fioritures mais d’un niveau de finition sans compromis, cette version BFR « limited » ne fait qu’enfoncer davantage un clou déjà planté pour des siècles. Il me semble qu’on peut tout jouer avec cette guitare et qu’elle excelle toujours, sans aucun point faible et quelle que soit sa déclinaison (on verra si le rêve se poursuit avec la version III…). Quand on a d’autres guitares même de grande qualité, c’est toujours vers elle que l’on revient et cela que l’on aime le rock, le blues, la fusion, le progressif ou le shred, il doit y avoir un petit bout d’âme de Steve quand même à l’intérieur, lui qui est tous ces styles de musiques à la fois !!!!!! Pour finir, si vous ne l’avez pas encore essayée, ne vous privez surtout pas de le faire un jour, le plus tôt possible. La BFR True Gold restera certes difficile à « attraper » car j’imagine que ceux comme moi qui ont la chance d’en avoir une ne la laisseront pas partir facilement. Mais la Luke II classique n’en reste pas moins un vrai choix, hyper polyvalent, toujours d’actualité, et même si la III pointe gaillardement le bout de son nez, ça m’étonnerait que vous soyez déçus par la II… Vous l’avez compris, ce test avait aussi pour but de reparler un peu d’elle, mais je suis certain que vous ne l’aviez pas oubliée…….

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