Peut être connaissez vous la récente famille Toneprint de TC Electronic et sa technologie numérique très innovante… Voici deux joujoux qui s’ils sont sortis à peu près en même temps et en ont l’apparence, ne sont pas membres de cette famille au sens strict du terme car ils restent analogiques pour la bonne cause : faire saturer nos amplis préférés. Nous reparlerons bien sûr très bientôt des pédales Toneprint « pur jus » avec les essais de la pédale Corona Chorus, le Vortex Flanger et la Shaker Vibrato mais pour l’instant, voyons ce que la MojoMojo et la Rottweiller ont dans le ventre…
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Sans être radicalement opposées, la MojoMojo et la Rottweiller évoluent dans deux univers « disto » très différents.

Commençons fort, en hurlant à la mort, comme il se doit… avec la Rottweiller distortion :

Si vous êtes plutôt dans le registre pop rock ou blues rock classiques et que vous avez l’habitude de sortir avec Milou, passez votre chemin, cette pédale n’est pas pour vous… La Rottweiler distortion de TC Electronic est une pédale disto « high gain » taillée pour le très heavy rock, le métal et pas vraiment autre chose… pas pour rire donc !

La Röttweiler Distortion a été conçue spécialement afin d'émuler le son et la puissance d'un ampli à haut gain. Un circuit analogique permet de le « sculpter » et de le « chauffer » à point. Dans les faits, comme son nom l’indique, elle s’avère assez méchante et prête à mordre au moindre accord un peu appuyé. En dehors d’un vaccin antirabique, il sera d’ailleurs prudent de la tester avant achat sur votre propre matos car elle ne s’accordera pas forcément avec tous les amplis et nécessitera, pour être utilisée comme il se doit (c’est à dire bien à fond…) un vrai noise gate digne de ce nom.

MojoMojo et Rottweiler sont d’un maniement super simple qui se résume à quatre potards dont les fonctions respectives semblent assez évidentes : le bouton Gain (Rottweiller)/Drive (Mojo) permet le réglage du taux de distorsion, le volume… je n’en dis pas plus et les deux boutons Bass et Treble servent à régler la tonalité de la disto, avec la particularité d’être actifs, c’est à dire de pouvoir « grossir » le son (ou l’inverse) en même temps que la tonalité est modifiée.

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Le souci majeur de ce genre de pédales (je parle bien de la Rott…..) est qu’elles sonnent souvent de manière assez flatteuses lorsqu’on se la pète seul dans sa chambre mais « disparaissent » bizarrement dans le mix en live, lorsque les fous furieux du groupe dégainent à leur tour… Sur la Rottweiler, le voice Switch permet d’accentuer le caractère « brutal » de la chose et de passer d’un son disons plutôt heavy rock « classique » à un univers clairement death métallique de la mort… et par la même occasion de « sortir » du mix au besoin… C’est un peu comme si on avait deux pédales en une car le type de son est assez différent sur chacune des deux « Voices positions » avec un boost des aigus assez prononcé sur l’une des deux.





C’est peut être en cela que la TC Rottweiler a un vrai potentiel (pour les amateurs de zik typée métal entendons nous bien…) car elle reste fidèle à elle même en live et ne « s’évapore » pas… Une vraie présence donc, indéniablement…

Je ne suis personnellement pas fou de cette pédale, encore une fois très typée « métal » car ce n’est simplement pas le style de son que je recherche mais je pense qu’elle ravira les aficionados du genre qui trouveront en elle toutes les ressources nécessaires à la mise en valeur de leur seven strings.... et cela sans véritables limites.

La MojoMojo :

Pour ce qui concerne la MojoMojo, « l’affaire » est nettement moins « typée » et trouvera évidemment plus facilement preneur. Sur un vieux Marshall 59 comme sur un Mesa Mark IV, un Fender Twin, ou un plus récent Marshall JVM, donc dans des registres très différents, cet overdrive a vraiment de quoi séduire. A chaque fois, j’ai eu l’impression de me retrouver avec un canal supplémentaire sur l’ampli, c’est dire que la Mojo trouve facilement sa place et que son utilisation devient vite « réflexe »… Les potards de tonalité, très efficaces, associés au Voice Switch, permettront d’ajuster finement et de manière très sensible le son suivant l’ampli utilisé.

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J’ai particulièrement apprécié de jouer avec la Mojo en mode « booster », c’est à dire pour rajouter du « peps » à un son déjà un peu saturé ou Crunch. Vous le constaterez sur la vidéo, le son se bonifie, se « remplit » dès qu’on l’enclenche et cela sans pour autant anéantir le son de base de l’ampli qui garde son identité propre. Suivant la manière dont on la règle, on passera carrément d’un son clean à un son bien saturé avec « beaucoup de corps » et une belle présence dans les hauts mediums, même en partant d’un son vraiment clean sur l’ampli. « Le travail au potard de volume » de la guitare sera également très jouissif, et sera un vrai + pour s’exprimer en solo et « travailler » le son en direct selon les montées en puissance des morceaux. Ce qui est également remarquable, c’est le côté « transparent » de cette pédale, qui se fait totalement oublier au point qu’on ait l’impression qu’il n’y a pas d’effet et que c’est l’ampli qui sonne d’emblée…

En vidéo :




Comme les autres pédales de la série Toneprint, ces deux pédales d’effet sont construites pour durer et équipées d’un true bypass qui permet de ne pas colorer le son de base de l’ampli lorsqu’elles sont en position « off », tout est très pro avec un petit + pour l’accès à la pile, qui se fait simplement grâce à une gros vis située sous la pédale, que l’on peut très facilement « débloquer » de la pointe de son médiator.

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...Sans puis avec la MojoMojo :







En conclusion...

Vu la pléthore de propositions existantes dans le registre de la disto toutes marques confondues, il y a des chances que ces deux pédales rencontrent une très forte concurrence et que l’image assez marquée de TC Electronic dans le domaine des effets « numériques » de modulation et de retards « à la pointe » ne les aide pas à « percer »… Dommage, car elles gagneraient à être connues, notamment la MojoMojo qui m’a particulièrement convaincu, surtout dans le cadre d’une utilisation de type « booster » où elle excelle… Bref TC montre encore une fois son talent… dans un domaine inédit où on ne l'attendait pas forcément... A suivre, avec pour bientôt les autres pédales de la série Toneprint!