Je l’avais un peu essayée au salon de la musique il y a quelques années, elle ne m’avait pas enthousiasmé… C’est ensuite le côté accès synthé qui m’a attiré, le sillet Graphtech et toute l’électronique bien rangée à l’intérieur d’un corps de Strat affinée, puis il y a eu cette annonce sur le web : un vendeur pas très gourmand pour un modèle encore en très bon état (quasi neuf en fait)… Je me suis donc laissé tenter et voilà le résultat…
G66
Côté finition, rien à redire, c’est propre, ça tient la route, la première impression est plutôt positive, pour 450 euros (occasion), j’ai le sentiment d’avoir fait une excellente affaire, le prix neuf avoisinant les 1000 euros.
Le manche ne me colle pas tout de suite aux doigts… Est-ce le vernis mi mat mi je ne sais quoi, est-ce la largeur, la grosseur ? Sais pas ! J’ai mes habitudes sur la Luke qui reste pour moi la meilleure guitare que j’ai pu avoir alors ça vient peut-être de ça. L’adaptation se fait malgré tout même si, après avoir remplacé les cordes un peu nases par mes habituelles Elixir en 9-42, je trouve l’ensemble « dur » et un peu « loin » du manche. J’essaie quelques réglages mais même avec un manche qui me semble parfaitement droit, j’ai le choix entre des cordes loin de la touche ou de la « frisette » à toutes les cases… Pas terrible ! Le confort de jeu n’est pas top et je ne sens pas vraiment l’affaire…
Je suis assez étonné du fait que cette guitare ne soit pas équipée de mécaniques blocables, ce qui rend le vibrato pratiquement inutilisable, dommage, moi qui m’en sert pratiquement tout le temps. J’envisage d’emblée d’investir dans un jeu de Spertzel, qui remplaceront avantageusement les mécaniques « simples » d’origine… Avant de mettre la main au porte monnaie, je m’attaque au cordier… Et là, je me retrouve un peu dans la même situation que précédemment pour la hauteur des cordes : très difficile de tirer quelque chose de positif de ce « machin » qui, quoique l’on fasse, reste archi dur, pas très « sensuel » et pourvu d’une tige qui a du jeu et ne tient pas vraiment à sa place… Les affaires se compliquent !

Je branche la belle sur un Line 6 Vetta puis sur un Marshall EL 34 + preamp Rocktron Voodu Valve + baffles Marshall 1922… Le son des micros d’origine « Godin » est quelconque. Le micro aigu a une tendance à la « crispation » dès que l’on balance des sons saturés, rien à voir avec des EMG (mais c’est un peu normal, ce n’est pas du tout le même type de zinzin…), moins bien définis et moins puissants que des Di Marzio Tone Zone (un grand classique…). Le son clair est… « clair », pas de critiques particulières à formuler sur ce point, le micro manche est même très agréable avec un léger overdrive pour aborder des sons un peu crunchy mais tout cela est un peu maigre.

L’intérêt de cette Freeway, c’est que c’est une « SA » à savoir, une « synthé access »… On peut donc la brancher en direct sur un synthé Roland de la série GR ou sur un convertisseur midi de la même marque. Pour ma part, c’est le VG99 qui compte et je m’empresse de saisir ma prise 13 broches pour écouter un peu ce que les pontets Graphtech ont dans le ventre…



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Sur le plan modélisation dans le VG99, je ne sens pas une différence flagrante par rapport à mon habituel GK3 si ce n’est qu’il me semble que les sons sont dans l’ensemble un peu plus aigus… Il faudra donc ajuster l’égalisation globale pour retrouver les mêmes sensations qu’avec la Luke équipée du GK3.
J’ai lu beaucoup de choses sur les systèmes Graphtech, notamment qu’ils étaient bien plus performants que les capteurs GK Roland dans le domaine du tracking midi… J’attaque donc le « Guitar to midi » du VG99, et c’est avec une certaine hâte que je plaque mon premier accord de synthé avec ce système. Grosse déception une fois encore, ça décroche à tout va, les bends sont pratiquement impossibles… Je rentre au cœur de la machine, je paramètre le VG99 pour qu’il colle au mieux à la Godin, sélection du bon type de capteur (essai des autres types on ne sait jamais…), multiples réglages de sensibilité des cordes en midi (je sais combien ce paramètre est « vital »…), adaptation du « play/feel », essais sur différents sons synthés et samples etc, tout y passe… Je parviens à améliorer un peu les choses mais pas de grand bouleversement malheureusement. Rien de comparable en tous cas avec mon système habituel Luke + GK3…….

Bilan, pas très chère c’est sûr, cette Godin présente bien, c’est la guitare de John Mac Laughlin alors honnêtement, j’ai presque honte de ne pas lui trouver de grandes qualités… Esthétiquement elle est assez sympa et peut faire envie. Cela dit, c’est un peu tout… pour John je ne sais pas mais pour moi elle ne présente aucun intérêt et je m’en suis séparé très vite, sans regrets... Sur le plan strictement « guitare », elle reste très en retrait par rapport à bien d’autres : pas de mécaniques blocables, vibrato quasi inutilisable, son plutôt fade et confort de jeu moyen. Bien sûr elle embarque l’accès synthé, ce qui, il faut le souligner reste assez rarissime mais franchement, je n’ai pas été convaincu à ce niveau non plus. Je garde sans aucune hésitation mon GK3 qui, certes très inesthétique et pas super ergonomique répond beaucoup mieux et surtout, permet de conserver sa gratte préférée…

Peut-être n’ai-je pas su la régler (mais je connais bien les synthés guitares j’ai vraiment passé beaucoup de temps dessus pour en tirer le maxi…), alors si vous avez des avis opposés, n’hésitez pas bien sûr à nous en faire part…